Indonésie : 13 morts, et des dizaines de blessés dans des attaques contre des églises

, modifié à
  • A
  • A
L'attaque a été revendiquée par le groupe État islamique.
L'attaque a été revendiquée par le groupe État islamique. © JUNI KRISWANTO / AFP
Partagez sur :
Les trois attaques, revendiquées par Daech, ont été perpétrées à Surabaya, deuxième ville du pays, dans trois endroits différents à dix minutes d'intervalle. 

Au moins 13 personne sont été tués des dizaines de blessés. dimanche dans des attentats à la bombe, dont une attaque suicide, contre des églises à Surabaya en Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, a indiqué la police. Les trois attaques ont été perpétrées dans trois endroits différents à dix minutes d'intervalle, a précisé la police de Surabaya, deuxième ville d'Indonésie, dans l'est de l'île de Java. "Il y a eu des attaques contre trois églises", a déclaré un porte-parole de la police locale, Frans Barung Mangera, précisant que deux policiers figuraient parmi les blessés.

Six membres d'une même famille impliqués. Ces attaques ont été revendiquées par le groupe État islamique. Selon l'organe de propagande du groupe EI, l'agence Amaq, "trois attaques kamikazes" ont fait des morts et des blessés "parmi les gardiens des églises et des chrétiens dans la ville de Surabaya". Une famille de six personnes, dont deux petites filles, est responsable de ces attaques suicide, a annoncé le chef de la police nationale, Tito Karnavian. La famille, comprenant la mère et le père ainsi que deux fillettes de 9 et 12 ans et deux fils de 16 et 18 ans, était liée au mouvement Jamaah Ansharut Daulah, un groupe qui soutient l'EI, a-t-il ajouté. Des témoins interrogés par des télévisions locales avaient affirmé qu'un des attentats avait été commis par une femme voilée accompagnée de deux enfants.

Violents affrontements dans une prison. Ces attaques interviennent quelques jours après qu'un policier et un détenu ont été tués au cours de violents affrontements dans une prison de haute sécurité dans la banlieue de la capitale Jakarta. Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) avait revendiqué l'incident mais la police indonésienne avait écarté l'implication de ce dernier. Les événements de dimanche surviennent aussi à quelques jours du début du ramadan dans le monde musulman.

Intolérance religieuse. L'intolérance religieuse a augmenté ces dernières années en Indonésie, pays de 260 millions d'habitants dont près de 90% sont de confession musulmane, mais qui compte aussi des minorités comme les chrétiens, hindous et bouddhistes. D'autres attaques visant des églises se sont produites ces dernières années à travers l'archipel d'Asie du Sud-Est. En février, la police était parvenue à neutraliser un homme armé d'une épée qui avait attaqué en pleine messe une église à Sleman, sur l'île de Java, blessant quatre personnes dont un prêtre. En 2016, un adolescent était entré dans une église remplie de fidèles à Medan, sur l'île de Sumatra, s'était approché du prêtre et l'avait légèrement blessé au couteau à un bras. Il avait tenté de faire exploser un objet avant d'être maîtrisé par des fidèles.

"Guerre contre le terrorisme". Les autorités sont en état d'alerte depuis les attentats suicide et attaques armées à Jakarta en janvier 2016, qui avaient coûté la vie à quatre civils. Les quatre assaillants avaient été tués dans ces attaques revendiquées par l'EI, les premières de cette ampleur en Indonésie depuis 2009. L'Indonésie avait été précipitée dans sa propre "guerre contre le terrorisme" par les attentats de Bali, île la plus touristique du pays où ces attaques avaient fait 202 morts, parmi lesquels de nombreux étrangers. Les autorités avaient ensuite lancé une offensive majeure contre les extrémistes islamistes et affaibli ainsi les réseaux les plus dangereux, selon des experts. Mais l'organisation djihadiste Etat islamique est parvenue à mobiliser de nouveau la frange extrémiste indonésienne.