Une passagère américaine du MV Hondius, navire de croisière où s'est déclaré un foyer d'hantavirus, a été placée en quarantaine à son arrivée sur la petite île britannique de Pitcairn dans le Pacifique, après être passée par la Polynésie française, ont indiqué les autorités locales.
L'Américaine, asymptomatique, a emprunté plusieurs avions ou bateau après avoir débarqué du Hondius dans l'île de Sainte-Hélène, selon ce porte-parole du gouvernement de Pitcairn.
"Nous pouvons confirmer qu'une personne ayant été en contact avec un individu exposé à l'hantavirus est actuellement en isolement sur l'île de Pitcairn et ne présente aucun symptôme de maladie", a déclaré un porte-parole du gouvernement de Pitcairn, un territoire britannique.
Une Américaine placée à l'isolement
Le MV Hondius, parti le 1er avril d'Ushuaïa en Argentine, a stoppé dans plusieurs îles avant celle de Sainte-Hélène les 22-24 avril où la dépouille d'un Néerlandais a été débarquée du bateau, tout comme l'épouse de ce septuagénaire, depuis décédée elle-aussi, après un transfert vers l'Afrique du Sud. "Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités sanitaires et le gouvernement britannique pour gérer la situation", a-t-il précisé en disant donnant la priorité au bien-être de la population.
Aucune information n'a été fournie sur la façon dont l'Américaine peut être placée à l'isolement de la cinquantaine d'habitants de l'île, ni sur combien de temps elle pourrait y rester. Des habitants de Pitcairn contactés par l’AFP ont dit qu'on leur avait déconseillé communiquer avec des journalistes et qu’ils devaient transmettre toutes les questions aux responsables gouvernementaux.
Une approche de précaution
La passagère du Hondius a fait un très long périple avant d'arriver dans l'île de Pitcairn. Elle a pris l'avion de San Francisco pour Tahiti, puis a poursuivi jusqu’à l'île de Mangareva, en Polynésie française, selon les autorités polynésiennes.
Depuis Mangareva, la plupart des touristes atteignent Pitcairn en embarquant pour 32 heures à bord de l’un des cargos qui assurent la liaison avec l'île. Le gouvernement de Polynésie française a indiqué que l'Américaine n'avait pas informé les autorités de sa possible exposition à l'hantavirus.
Elle ne sera pas autorisée à quitter l'île de Pitcairn tant qu'elle "représentera un risque pour autrui", a indiqué le gouvernement dans un communiqué cette semaine.
Le gouvernement britannique - dont Pitcairn est un territoire - a précisé que la femme ne présentait pas de symptômes, mais qu’il adoptait néanmoins une "approche de précaution". Il n’y a qu’une seule épicerie sur l'île Pitcairn, qui ouvre généralement trois fois par semaine. Les hôpitaux les plus proches se trouvent en Polynésie française, à plus de 2.000 kilomètres au nord-ouest, ou en Nouvelle-Zélande, à quelque 5.300 kilomètres au sud-ouest.
Le foyer d'hantavirus détecté sur le navire MV Hondius a fait trois morts, poussant plusieurs pays à agir pour éviter une propagation du virus.