Des Russes protestent contre l'invasion de l'Ukraine par la Russie lors d'une manifestation dans la vieille ville de Cracovie, dans le sud de la Pologne, le 6 mars 2022. 2:00
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avec AFP , modifié à
Au douzième jour de l'invasion déclenchée par Vladimir Poutine, l'armée russe poursuivait son avancée vers la capitale Kiev, qui s'attend à une attaque "dans les jours qui viennent". Un bombardement dans une boulangerie de Makariv, à 50 km à l'ouest de Kiev, a fait 13 morts lundi, peu avant que Moscou n'annonce la mise en place de cessez-le-feu locaux. Europe 1 fait le point sur la situation.
L'ESSENTIEL

Au douzième jour de l'invasion de l'Ukraine déclenchée par Vladimir Poutine, l'armée russe poursuivait son avancée vers la capitale Kiev, qui s'attend à une attaque "dans les jours qui viennent", d'après le ministère ukrainien de l'Intérieur. "Chaque maison, chaque rue, chaque poste de contrôle résistera jusqu'à la mort s'il le faut", a promis le maire de Kiev, l'ex-champion de boxe Vitali Klitschko. Moscou a annoncé lundi soir la mise en place de cessez-le-feu locaux dès mardi matin, pour permettre l'évacuation de civils via des couloirs humanitaires, à l'issue de nouvelles négociations avec les Ukrainiens.

Les principales informations à retenir :

  • La Russie va mettre en place des cessez-le-feu locaux mardi
  • Un bombardement dans une boulangerie à Makariv fait 13 morts
  • Plus d'1,7 million de réfugiés

Moscou annonce des cessez-le-feu locaux

La Russie a annoncé lundi soir la mise en place de cessez-le-feu locaux dans plusieurs villes ukrainiennes à partir de 7 heures GMT (8 heures, heure française) mardi pour permettre l'évacuation de civils via des couloirs humanitaires, à l'issue de nouvelles négociations avec les Ukrainiens. Une troisième session de négociations russo-ukrainiennes s'est achevée lundi soir au Bélarus, les Ukrainiens évoquant "certains résultats positifs" sur "la logistique des couloirs humanitaires" tandis que les Russes jugeaient cette session "pas à la hauteur des attentes".

Une situation humanitaire qui s'aggrave

La situation humanitaire s'aggrave aussi de jour en jour, avec plusieurs villes assiégées où les vivres commencent à manquer. L'ONU a "besoin de couloirs sûrs pour fournir de l'aide humanitaire dans les zones d'hostilités" en Ukraine, a dans ce contexte martelé lundi au Conseil de sécurité de l'ONU le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les Affaires humanitaires, Martin Griffiths. Et ce peu après que les délégations russe et ukrainienne ont terminé au Bélarus, à la frontière avec la Pologne, une troisième session de pourparlers consacrée à l'évacuation des civils des cités encerclées.

A l'issue de ces discussions, les Ukrainiens ont évoqué "certains résultats positifs" sur les couloirs humanitaires. "On apportera une aide plus efficace aux personnes qui souffrent de l'agression de la Fédération de Russie", a déclaré Mykhaïlo Podoliak, un membre de la délégation ukrainienne. Sur les questions-clés, comme celles relatives à un cessez-le-feu, "des dialogues intensifs vont continuer", a-t-il ajouté. Sur ces points, il n'y a à ce jour "pas encore de résultats qui pourraient améliorer la situation", selon lui. De son côté, le négociateur russe Vladimir Medinski a estimé que cette troisième session n'avait pas été "à la hauteur des attentes".

10.000 personnes ont défilé à Irpin

A Irpin, la dernière ville-verrou avant Kiev en arrivant de l'ouest, 10.000 personnes ont défilé ces derniers jours sur une improbable planche de bois, à moitié enfoncée dans l'eau, pour fuir les bombardements. Le pont de béton, béant au-dessus de la rivière, a été détruit par les forces ukrainiennes pour empêcher le passage des blindés russes.

Odessa, sur les bords de la mer Noire, est aussi de plus en plus menacée. Des familles affolées ont confié de vieux parents malades, trop faibles pour fuir la cité portuaire, au monastère Archangelo Mikhailovsky, aux coupoles dorées et grises, a constaté l'AFP. De nouveaux combats ont aussi eu lieu près de Soumy, dans le nord-est, "il y a des morts", a affirmé le chef de l'administration militaire de la région, Dmitri Jivitsky.

Les Occidentaux d'accord pour "augmenter" le coût pour la Russie

Le président américain Joe Biden, le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre britannique Boris Johnson sont "déterminés à continuer d'augmenter le coût" infligé à la Russie en réponse à l'invasion de l'Ukraine, selon un communiqué publié lundi par la Maison Blanche après une vidéoconférence entre les quatre hommes.

Le front très uni jusqu'ici des Occidentaux en matière de sanctions économiques semblait se fissurer lundi sur la question d'un embargo sur les ventes d'hydrocarbures russes, une option que rejette l'Allemagne, dépendante de ses approvisionnements en gaz russe. Le président américain "n'a pas pris de décision à ce stade" sur un tel embargo, a précisé sa porte-parole.

Avertissement de Moscou sur un embargo pétrolier

La Russie a mis en garde lundi contre des "conséquences catastrophiques" pour le marché mondial de la mise en place d'un embargo occidental sur le pétrole russe, discuté par Washington et l'Union européenne. "La flambée des prix risque d'être imprévisible et d'atteindre plus de 300 dollars pour un baril, voire plus", a affirmé le vice-Premier ministre russe, chargé de l'Énergie, Alexandre Novak, cité par les agences de presse russes.

Macron ne voit pas de solution négociée à court terme

Emmanuel Macron a déclaré lundi qu'il ne pensait pas qu'une "vraie solution" puisse être négociée entre Moscou et Kiev pour mettre fin au conflit en Ukraine "dans les jours et semaines qui viennent", ce qui fait que la guerre va "continuer". Le président français avait un peu plus tôt dénoncé "le cynisme moral et politique" de la proposition russe de couloirs humanitaires aux habitants de plusieurs villes d'Ukraine pour "les amener en Russie".

13 morts dans le bombardement d'une boulangerie

Au moins 13 personnes sont mortes dans des bombardements qui ont touché une boulangerie industrielle à Makariv, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Kiev, ont indiqué les services de secours ukrainiens. De nouveaux combats ont eu lieu près de Soumy, dans le Nord-Est, selon le chef de l'administration militaire de la région. "Il y a des morts".

Plus de 1,7 million de réfugiés

Plus de 1,7 million de personnes ont fui l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février, dont plus de la moitié ont été accueillies en Pologne, selon les derniers décomptes de l'ONU. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a estimé que l'Europe pouvait s'attendre à recevoir cinq millions d'exilés si l'invasion de l'Ukraine et les bombardements des villes se poursuivaient.

Examen de demandes d'adhésion à l'UE

L'Union européenne a lancé la procédure pour l'examen des demandes d'adhésion de l'Ukraine, de la Géorgie et de la Moldavie, a annoncé la présidence française du Conseil de l'UE. Les trois pays ont déposé leur demande à la suite de l'invasion russe de l'Ukraine. La Commission européenne va devoir exprimer un avis officiel et les 27 devront ensuite décider s'ils accordent le statut de candidat aux demandeurs, avant des négociations longues et complexes.

Liste de pays "hostiles"

Moscou a établi une liste de pays "hostiles" à la Russie, auxquels les particuliers et les entreprises russes pourront rembourser leurs dettes en roubles, monnaie dont la valeur a perdu 45% depuis janvier. Cette liste de pays comprend entre autres les pays de l'Union européenne, l'Australie, le Royaume-Uni, le Canada, Monaco, la Corée du Sud, les États-Unis, la Suisse et Japon.

CIJ : la Russie refuse de comparaître

La Russie a refusé de comparaître lors de l'ouverture des audiences devant la Cour internationale de justice dans une procédure initiée par l'Ukraine, qui demande au plus haut tribunal de l'ONU d'ordonner à Moscou d'arrêter son invasion.

Moscou veut la protection de ses représentations

La Russie a exigé la protection "adéquate" de ses représentations diplomatiques en France, après avoir signalé une "attaque" au cocktail Molotov contre l'un de ses centres culturels à Paris. En Irlande, c'est un camion qui a défoncé le portail de l'ambassade russe à Dublin. La police a indiqué avoir arrêté le conducteur.