Gianni Infantino a reçu plusieurs soutiens en Amérique du Sud, malgré la crise qui secoue la FIFA après l'abandon de son projet controversé d'ouverture à des investisseurs privés. La Conmebol appelle au dialogue, tandis que l'UEFA et la Concacaf maintiennent la pression sur le président de l'instance.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a reçu en Colombie le soutien de plusieurs acteurs majeurs du football sud-américain, alors que le patron du football mondial fait face à une contestation croissante au sein de l’instance.
Gianni Infantino s’est rendu à Cali, dans le sud-ouest de la Colombie, pour assister à l’investiture du nouveau président colombien, Abelardo de la Espriella, représentant de la droite dure.
Gianni Infantino affiche son unité avec le football sud-américain
Sa visite intervient en pleine crise à la FIFA, après l’abandon d’un projet très controversé visant à ouvrir davantage l’instance à des investisseurs privés. Le plan prévoyait notamment la création d’une société commerciale chargée d’organiser les Coupes du monde.
Dans ce contexte tendu, la Fédération colombienne de football a publié des photos montrant Gianni Infantino tout sourire aux côtés de son président Ramon Jesurun et d’Alejandro Domínguez, président de la Confédération sud-américaine de football (Conmebol).
Interrogé par un journaliste de l’AFP sur sa capacité à surmonter la crise, le président de la Fifa a refusé de répondre directement.
"Le football, c’est la joie, le football, c’est le bonheur, le football, c’est l’unité", a-t-il déclaré lors d’un festival organisé pour des enfants dans un complexe sportif de Cali.
La Conmebol appelle au dialogue
Ces soutiens interviennent malgré les critiques qui se multiplient contre Gianni Infantino, à huit mois de la fin de son mandat et d’une nouvelle élection prévue en mars 2027. Pour l’heure, il est le seul candidat officiellement déclaré.
La Conmebol, qui compte dix fédérations affiliées à la FIFA, avait pourtant exprimé jeudi sa "préoccupation face aux actions unilatérales répétées" de l’instance mondiale.
Son président Alejandro Domínguez a toutefois adopté un ton plus conciliant vendredi. "On ne peut pas ignorer le grand travail" réalisé par Gianni Infantino, a-t-il déclaré, estimant qu’il fallait "continuer à travailler pour le football, par le dialogue.
Après les fédérations argentine et paraguayenne, qui avaient déjà apporté leur soutien au président de la FIFA jeudi, le Venezuela et l’Équateur ont à leur tour salué l’abandon du projet controversé.
Le président de la Fédération équatorienne, Francisco Egas Lareategui, a assuré faire confiance à Gianni Infantino "ainsi qu’à ceux qui sont actuellement à la tête du football" pour continuer à œuvrer en faveur de ce sport.
L'UEFA maintient la pression
Ces soutiens sud-américains contrastent avec la fronde qui s’organise en Europe et en Amérique du Nord.
L’UEFA, la puissante confédération européenne, a maintenu jeudi sa menace de boycott des Coupes du monde malgré le retrait du projet. En Norvège, la présidente de la Fédération nationale, Lise Klaveness, a annoncé vendredi qu’elle demanderait directement la démission de Gianni Infantino.
Le président de la FIFA doit également composer avec l’opposition de la Concacaf, la confédération regroupant l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale et les Caraïbes.
Le Mexique, qui accueillera la Coupe du monde 2026 avec les États-Unis et le Canada, a toutefois pris ses distances avec cette position et réaffirmé son soutien au "leadership" de Gianni Infantino.
Un proche de Donald Trump
Cette visite en Colombie avait également une dimension politique. Gianni Infantino a assisté vendredi à l’investiture d’Abelardo de la Espriella, élu le 21 juin à la présidence du pays.
Âgé de 48 ans, le nouveau chef de l’État colombien est un représentant de la droite dure et un allié du président américain Donald Trump. Gianni Infantino entretient lui-même des relations étroites avec le locataire de la Maison-Blanche.