États-Unis : un tireur fait quatre morts, dont trois enfants, dans une école primaire de l'Oregon

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[Mathieu Lewis-Rolland / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP]

Un adolescent de 16 ans armé d'un fusil a fait quatre morts, dont trois enfants, dans une école primaire de l'Oregon, dans l'Ouest des États-Unis. Le tireur a été abattu par un riverain armé.

Un adolescent de 16 ans armé d'un fusil a fait quatre morts, dont trois enfants, dans une école primaire de l'Oregon, dans l'Ouest des États-Unis, avant d'être rapidement abattu jeudi par un habitant qui l'a vu rentrer dans l'établissement scolaire.

"Parmi les victimes sur place figurent trois enfants, âgés de cinq, huit et onze ans, ainsi qu'un enseignant", a expliqué Mike Krantz, le chef de la police de Bend, la ville où s'est déroulée la tragédie.

Un enfant de sept ans et un professeur de 54 ans ont également été blessés lors de la fusillade, a-t-il ajouté. Ils ont été transportés à l'hôpital avec des "blessures critiques".

Le tireur présumé était un adolescent de 16 ans qui habite cette ville d'un peu plus de 100.000 habitants, selon les premiers éléments de l'enquête. Son identité n'a pas été révélée.

La fusillade a été signalée à la police vers 13H00 heure locale (20H00 GMT), et les agents sont arrivés deux minutes plus tard, selon les autorités. Mais lorsque les premiers policiers sont arrivés sur place, le tireur était déjà mort.

Il a été abattu par un passant armé qui l'a aperçu "pénétrer dans l'école" et l'a "poursuivi à l'intérieur", selon M. Krantz. Cette tragédie choque l'école primaire Silver Rail, où sont scolarisés plus de 400 enfants.

"Nous avons le coeur brisé"

"Je n'ai pas de mots pour décrire ce que ressent notre communauté en ce moment", s'est ému le recteur scolaire de la zone, Steven Cook, lors d'une conférence de presse. "Nous avons le cœur brisé. Nous sommes horrifiés", a-t-il ajouté.

L'école a été évacuée au compte-gouttes dans l'après-midi, provoquant l'anxiété de nombreux parents guettant les bus chargés de sortir les enfants de l'établissement. "Bien sûr que je suis inquiet", a confié à la chaîne CBS Drew Sharp, un père dont le fils est en CM2. "Mais j'ai confiance qu'il va bien et qu'il s'en sortira."

La violence par armes à feu fait partie du quotidien aux États-Unis, un pays qui compte plus d'armes à feu en circulation que d'habitants.

Les tueries dans des écoles choquent régulièrement le pays. En 2022, une tuerie dans une école primaire d'Uvalde avait suscité l'indignation en faisant 21 morts, dont 19 enfants.

En incluant les universités, la tuerie en milieu scolaire la plus meurtrière de l'histoire des États-Unis reste celle de Virginia Tech en 2007, lorsqu'un étudiant a tué 32 personnes et en a blessé 17 autres avant de se donner la mort.

Un débat qui reste paralysé

Malgré la récurrence de ces tragédies, le débat politique sur les armes reste paralysé. Ni les gouvernements successifs, ni le Congrès, n'ont réussi à endiguer les fusillades, car de nombreux Américains restent très attachés au droit de porter des armes, garanti par la Constitution.

En 2025, près de 15.000 personnes, sans compter les suicides, ont été tuées par arme à feu, selon l'ONG Gun Violence Archive.

Lors des tueries scolaires, la classe politique se contente souvent de publier des messages émus, assurant les parents endeuillés de leurs "pensées et prières". Un scénario qui s'est encore reproduit jeudi.

"Nos coeurs resteront brisés dans les jours et les semaines à venir, et mes prières quotidiennes accompagneront cette communauté, les enfants, les parents et les enseignants", a déclaré devant la presse la gouverneure démocrate de l'Oregon, Tina Kotek.

"Une école devrait être un lieu sûr où les enfants peuvent apprendre et se sentir en sécurité. Ce qui s'est passé aujourd'hui ne devrait jamais arriver", a renchéri la maire de Bend, Melanie Kebler.

Les associations réclamant un meilleur contrôle des armes à feu ont elles rappelé que ces tragédies à répétition n'ont rien d'une fatalité, et ont appelé à un sursaut politique.

"En attendant d'en savoir plus, rappelons-nous ce que nous savons déjà : les fusillades dans les écoles ne sont pas inévitables ; elles ne sont pas normales ; et elles ne sont pas acceptables", a estimé l'association Brady sur X.