États-Unis : au Mississippi, la justice bloque la loi anti-avortement la plus contraignante du pays

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Dans sa décision, le juge Carlton Reeves a souligné que la loi interdisait l'avortement "avant le seuil de viabilité du fœtus". (Photo d'illustration)
Dans sa décision, le juge Carlton Reeves a souligné que la loi interdisait l'avortement "avant le seuil de viabilité du fœtus". (Photo d'illustration) © AFP
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La loi bloquée rendait l'avortement illégal dès la sixième semaine de grossesse, "avant le seuil de viabilité du fœtus", selon la justice. Cette loi, la plus contraignante du pays, devait entrer en vigueur au 1er juillet. 

La justice du Mississippi a bloqué vendredi une loi très restrictive sur l'avortement dans cet État conservateur du sud des États-Unis qui prévoyait d'interdire l'IVG à partir de six semaines de grossesse.

Cette décision est intervenue le jour où, dans l'État voisin d'Alabama, des associations ont demandé à la justice de faire de même à l'encontre d'une loi draconienne sur l'avortement récemment adoptée. Au Mississippi, une loi rendant l'avortement illégal dès la détection du rythme cardiaque de l'embryon, possible à partir de la sixième semaine, a été votée en mars et devait entrer en vigueur le 1er juillet. "Le Mississippi a voté une nouvelle loi interdisant l'avortement avant le seuil de viabilité" du fœtus, a souligné le juge Carlton Reeves dans sa décision.

Une loi jugé comme contraire à la Constitution et aux droits des femmes

En 2018, l'État du Mississippi avait déjà voté une loi interdisant d'avorter après quinze semaines de grossesse - contre 20 actuellement - mais des associations étaient parvenues à la bloquer, a rappelé le magistrat, qui avait jugé en novembre dernier la législation contraire à la Constitution et aux droits des femmes. "L'État a répondu avec une loi encore plus restrictive", a ajouté le juge Reeves. Connue sous le nom de "Heartbeat Bill" ("texte du battement de cœur"), la nouvelle loi promulguée par le gouverneur républicain du Mississippi Phil Bryant comporte une exception en cas de complications médicales, mais pas pour les victimes de viol et d'inceste.

L'interdiction "est une menace immédiate aux droits des femmes", a-t-il dit. Une seule clinique pratique l'avortement dans cet État. Le gouverneur Phil Bryant a annoncé son intention de faire appel de la décision. "En tant que gouverneur, je me suis engagé à tout faire pour protéger la vie", a-t-il déclaré dans un communiqué. Plus d'une douzaine d'États ont adopté des lois interdisant ou limitant drastiquement l'accès à l'avortement, qui a été légalisé aux États-Unis en 1973 par l'arrêt historique "Roe v. Wade" de la Cour suprême.

L'objectif affiché des opposants à l'IVG est de pousser la Cour à revenir sur cette décision historique

L'objectif affiché des opposants à l'IVG est de pousser la Cour, dorénavant dominée par les conservateurs, à revenir sur cette décision historique. L'Alabama a promulgué le 15 mai le texte le plus répressif du pays, interdisant la quasi-totalité des interruptions volontaires de grossesse, même en cas d'inceste ou de viol. Il assimile l'avortement à un homicide et prévoit une peine de 10 à 99 ans de prison pour les médecins le pratiquant, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'"anomalie létale" du fœtus.

La puissante association de défense des libertés civiles (ACLU) et le Planning familial ont demandé vendredi à la justice de l'Alabama de bloquer cette loi, qui doit entrer en vigueur en novembre. La loi "est de façon flagrante inconstitutionnelle et l'ACLU ne restera pas sans bouger alors que les responsables politiques, encouragés par le programme anti-avortement du président Donald Trump, exploitent notre santé et nos vies pour un profit politique", a affirmé Alexa Kolbi-Molinas, avocate de l'ACLU.