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États-Unis : après avoir survécu à sa peine de mort, Christa Pike peut-elle à nouveau être exécutée ?

États-Unis : après avoir survécu à sa peine de mort, Christa Pike peut-elle à nouveau être exécutée ? [Handout / Tennessee Department of Correction / AFP]

Un cas qui fait débat aux États-Unis. Condamnée à la peine de mort, Christa Pike a survécu à deux doses de pentobarbital le 30 septembre. Consciente et capable de s'exprimer, une question se pose dans le pays : subira-t-elle une nouvelle exécution ? 

Une condamnation à la peine de mort est de nouveau au cœur de l'actualité et des débats aux États-Unis. Christa Pike, condamnée à mort en 1995 pour meurtre, a survécu à son exécution, elle qui avait pourtant reçu deux doses de pentobarbital, le 30 septembre. Une heure après les injections, la condamnée à mort continuait à respirer. 

Elle a finalement été transportée d'urgence à l'hôpital, lieu où elle a reçu des traitements pour tenter de la sauver. Ce mardi, les avocats de Christa Pike ont annoncé que leur cliente était "contre toute attente (...) consciente" et "capable de parler". Depuis, la question se pose : l'État du Tennessee peut-il ordonner une nouvelle exécution ? 

Les exécutions sont suspendues dans l'État du Tennessee

Après l'annonce de l'échec de l'exécution de Christa Pike, le Tennessee a suspendu toutes les exécutions jusqu'à la fin de l'année civile. Une mesure destinée à laisser le temps d'enquêter sur les raisons qui ont conduit à l'échec de cette exécution. 

Interrogé ce dimanche sur CNN, Stephen Ferrell, un des avocats de la condamnée à mort, a déclaré que le bureau du procureur général du Tennessee n'a pas encore indiqué s'il demanderait une nouvelle exécution. Car, aux yeux de la loi, même si l'exécution a échoué, Christa Pike est toujours condamnée à mort. 

Le Code du Tennessee prévoit que, si, “pour quelque raison que ce soit”, un condamné à mort n'a pas été exécuté, "sa peine demeure pleinement en vigueur", précise l'article 40-23-117. Et quand bien même les avocats de Christa Pike parviennent à démontrer qu'une nouvelle exécution via une injection létale est contraire à la Constitution, l'État du Tennessee pourrait, en principe, recourir à une autre méthode. 

Pour le moment, ces derniers ont réitéré leur demande auprès du gouverneur, Bill Lee, pour qu'il commue la condamnation à la peine de mort en une peine de prison à vie sans possibilité de liberté conditionnelle. Pour le moment, Bill Lee n'a pas donné suite à cette nouvelle demande, lui qui avait déjà rejeté une première demande de grâce le 28 septembre 

Le précédent Willie Francis

Les échecs de tentatives d'exécution ne sont pas une première dans l'histoire américaine. Et dans le Tennessee, une tentative avait déjà échoué cette année. Le 21 mai dernier, Tony Carruthers, condamné à mort pour le meurtre de trois personnes, a vu son exécution par injection létale interrompue après que l'équipe médicale n'est pas parvenue à établir la seconde voie intraveineuse prévue par le protocole. Le gouverneur Bill Lee lui a ensuite accordé un sursis d'un an.

La Cour suprême s'est déjà prononcée sur la question d'une seconde tentative d'exécution après un premier échec. C'était en 1947, dans l'affaire Willie Francis. Cette décision constitue le principal précédent de la Cour suprême américaine sur cette question. Willie Francis a été condamné à mort pour meurtre. Lors de son exécution, un dysfonctionnement de la chaise électrique avait empêché de mener à bien son exécution. 

Après la suspension de son exécution, un recours a été déposé à la Cour suprême pour qu'elle examine la constitutionnalité d'une seconde tentative via la chaise électrique. Quelques mois plus tard, les juges ont estimé qu'une nouvelle exécution en utilisant cette méthode n'était pas contraire à la Constitution. 

Comme le rappelle le Death Penalty Information Center, d'après les recherches d'Austin Sarat, professeur de droit, 3,15% des exécutions étaient "botched", un mot qui désigne qu'elles ont connu des dysfonctionnements importants aux États-Unis entre 1890 et 2010 (276 sur 8.776 personnes exécutées). C'est d'ailleurs la méthode de l'injection létale qui enregistre le taux d'exécutions "botched" le plus élevé (7,2%).