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Entre démonstrations de force et avancées diplomatiques, Téhéran et Washington soufflent le chaud et le froid

Entre démonstrations de force et avancées diplomatiques, Téhéran et Washington soufflent le chaud et le froid [Morteza Nikoubazl / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Dans un contexte de bras de fer très tendu entre l'Iran et les Etats-Unis, le guide suprême iranien a mis en garde ce dimanche contre une "guerre régionale" face aux menaces d'intervention militaire brandies par Washington. Une déclaration qui contredit celle du président Massoud Pezeshkian, qui semblait samedi vouloir privilégier la diplomatie.

Le ton monte entre Téhéran et Washington. Ce dimanche, le guide suprême iranien a brandit la menace d'une "guerre régionale", face aux avertissements américains depuis la répression du mouvement de contestation.

Mais entre démonstrations de force et déclarations en faveur du dialogue, les deux pays multiplient les déclarations contradictoires et entretiennent le flou diplomatique. 

 La diplomatie du "yo-yo"

Alors que, samedi 31 janvier, un haut dirigeant iranien faisait état de progrès en vue de négociations avec Washington, l'Iran rappelle paradoxalement qu'il a le doigt sur la gâchette. Un narratif guerrier réemployé par l'ayatollah Ali Khamenei ce dimanche lors d'un discours. "Les Américains doivent savoir que s'ils déclenchent une guerre, cette fois-ci, ce sera une guerre régionale". 

Côté américain, Donald Trump l'a assuré samedi : l'Iran parle aux Américains, Téhéran est en train de négocier, sans néanmoins donner plus de détails. Dans le même temps, le président américain maintient lui aussi la pression avec ses navires présents au large de l'Iran. 

"Qui gagnera à ce jeu-là ?"

D'après l'analyste géopolitique Michel Fayad, ce flou entretenu des deux côtés est une véritable stratégie diplomatique. "Les Iraniens souhaitent gagner du temps et veulent dire à Donald Trump si vous nous attaquez, vous allez avoir des morts", explique-t-il. 

"De l'autre côté, Donald Trump sait très bien que les Iraniens veulent l'endormir et donc lui essaye de maintenir aussi cette pression. Vraiment, les deux adoptent une stratégie assez similaire, les négociations et menacer. Qui gagnera à ce jeu-là ? C'est compliqué de le dire tout de suite", souligne-t-il. 

Ce dimanche, des exercices de la marine iranienne devaient débuter dans le détroit d'Hormuz. Ils n'auront finalement pas lieu suite à un avertissement émis par les Américains.