"Les Français ne se résignent pas" : quand le petit-fils de Nelson Mandela analyse le mouvement des "gilets jaunes"

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Pour Ndaba Mandela, petit-fils du célèbre dirigeant sud-africain et fondateur d'une ONG de défense des intérêts de l'Afrique, "les problèmes ne sont pas apparus du jour au lendemain" en France, a-t-il raconté sur Europe 1 mardi.
INTERVIEW

Onze leçons de vie. Dans le livre Le courage de pardonner (éditions Marabout), Ndaba Mandela évoque l'héritage que lui a transmis son célèbre grand-père Nelson, mort en décembre 2013. Sur Europe 1, mardi matin, celui qui est devenu à 36 ans le fondateur et directeur de l'Africa Rising Foundation, ONG ayant pour but de défendre les intérêts africains, est revenu sur ces leçons, sur la vie de son aïeul et sur le regard qu'il pourrait aujourd'hui porter sur la France, marquée par le mouvement des "gilets jaunes".

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Ndaba Mandela raconte avoir rencontré Nelson Mandela lorsqu'il avait 7 ans. "Une des premières choses qu'il m'a dites, c'est : 'Tu es mon petit-fils et de ce fait, ceux qui te regardent te considèrent comme un leader, tu dois avoir les meilleures notes en classe'. Moi, je voulais être un enfant comme les autres, jouer et m'amuser !", s'est-il souvenu au micro de Nikos Aliagas.

Mandela "a vu qu'il fallait pouvoir pardonner". Mais difficile d'avoir une enfance normale lorsque son grand-père est une des plus grandes figures de la paix au 20ème siècle. "Lorsqu'on pense à Nelson Mandela, on pense tout de suite à la démocratie. (…) Il a pu voir que bien souvent, lorsque les Africains trouvaient l'indépendance, ils voulaient chasser les Européens, ce qui a eu des effets négatifs sur l'économie et la politique. Pour que nous puissions construire un pays prospère débarrassé du cycle de violence et de haine, il a vu qu'il fallait pouvoir pardonner." Et c'est ce que "Madiba", comme le surnommaient les Sud-africains, a fait. "Il a su trouver cette compréhension universelle qui touchait l'Humanité", juge aujourd'hui son petit-fils, qui parle d'un "immense héritage" et d'un "exemple de leadership".

Les "problèmes sous-jacents" de la France. Au tour de Ndaba Mandela de délivrer aujourd'hui ses leçons de sagesse : "Si on n'arrive pas à se ramener autour d'une table, il n'y a plus d'espoir pour la paix ou la construction d'un pays. C'est une question de timing", dit-il. 

" En France, ces problèmes étaient là depuis longtemps "

Est-ce un message à mettre en regarde du "grand débat national" né de la crise des "gilets jaunes" ? "En France, ces problèmes étaient là depuis longtemps. Ils étaient sous-jacents et là, ils sont remontés à la surface. [Les gens] se battent contre ce qu'ils refusent. Les Français ont la volonté de s’organiser pour traiter les problèmes et faire changer les choses. Ils ne se résignent pas, ils prennent en main leur destinée", a-t-il analysé.