En Espagne, les livreurs à vélo sont désormais salariés

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livreurs Glovo Espagne 1:22
Les livreurs de repas à vélo seront désormais salariés en Espagne. © JAVIER SORIANO / AFP
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Au terme d'un long processus juridique, le gouvernement espagnol a été contraint de modifier le code du travail pour conférer le statut de salarié aux livreurs de repas. L'Espagne devient ainsi le premier pays en Europe à prendre cette décision, même si elle ne convient pas à tous les travailleurs à vélo. 

"Être reconnu pour ce que nous sommes, de vrais travailleurs salariés, ça a été très long", assure Dani Gutierrez. Cet espagnol est à l'origine d'un changement de législation dans son pays. Les livreurs des applications comme Deliveroo ou UberEats seront désormais considérés automatiquement comme des salariés. Une décision historique en Europe, mais qui est loin de faire l'unanimité.

"Cette loi reconnaît nos victoires judiciaires"

Tout commence il y a deux ans, quand Dani Gutierrez attaque Glovo, une application espagnole de livraisons de repas à domicile. Et la justice décide de donner raison à ce travailleur à vélo. Résultat : le gouvernement est contraint de modifier le code du travail afin de considérer ces livreurs comme des salariés.

"Cette loi reconnaît nos victoires judiciaires qui désormais sont prises en compte dans la législation. Et c’est vrai qu’en Espagne, on a été un peu à l’avant-garde en Europe sur ce sujet", se réjouit le jeune homme au micro d'Europe 1. 

Une nouvelle loi qui ne met pas tout le monde d'accord

Mais cet accord est loin de faire l’unanimité chez les 25.000 livreurs que compte l’Espagne. À la sortie d’un fast food à Barcelone, Alessandro attend une course pour l’application Deliveroo. Ce vénézuélien travaille 45h par semaine. Il gagne près de 2.000 euros par mois et ne veut surtout pas changer de statut. Travailler en tant qu'indépendant lui "donne de la flexibilité". "Je peux faire autre chose de mes journées, je travaille comme j'ai envie. Et si je veux gagner plus, je travaille plus", poursuit-il. 

Cependant, la décision du gouvernement espagnol est prise : les entreprises ont désormais trois mois pour salarier leurs livreurs. 

Europe 1
Par Henry de Laguérie, édité par Manon Bernard