La Maison Blanche a menacé mercredi de "déchaîner l'enfer" si l'Iran faisait "le mauvais calcul", dans la guerre qui l'oppose aux Etats-Unis et à Israël depuis près d'un mois.
"Si l'Iran refuse d'accepter la réalité actuelle, s'ils ne comprennent pas qu'ils ont été vaincus militairement et qu'ils continueront de l'être, le président Trump s'assurera qu'ils soient frappés de manière plus dure qu'ils ne l'ont jamais été", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, lors d'un point presse.
"Le président Trump ne bluffe pas et il est prêt à déchaîner l'enfer. L'Iran ne devrait pas faire un mauvais calcul à nouveau", a-t-elle ajouté.
Dans un post sur le réseau social X ce mercredi après-midi, le Commandement central des Etats-Unis (CentCom) affirme que les frappes en Iran se poursuivent, "afin d'affaiblir l'infrastructure et les capacités militaires du régime".
U.S. forces are striking targets to degrade the Iranian regime's military infrastructure and capabilities that have threatened American troops and regional partners for decades. pic.twitter.com/wPIR1c6kA0
— U.S. Central Command (@CENTCOM) March 25, 2026
Sébastien Lecornu a annoncé ce mercredi des commandes supplémentaires de munitions d'ici 2030 à hauteur de 8,5 milliards d'euros, dans le cadre de l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) qui sera examinée au Parlement en mai-juin.
"L'urgence, ce sont évidemment les munitions. Nous prévoyons d'investir 8,5 milliards d'euros supplémentaires de commandes entre 2026 et 2030, qui s'ajoutent aux 16 milliards de la LPM votée 2023. C'est indispensable. Et (...) c'est colossal", a affirmé le Premier ministre devant l'Assemblée nationale, en ouvrant un débat sans vote sur la crise au Moyen-Orient.
La LPM actualisée sera présentée en Conseil des ministres le 8 avril, puis inscrite la semaine du 4 mai à l'Assemblée nationale et du 1er juin au Sénat, a-t-il précisé.
La télévision d'Etat iranienne, citant un responsable non identifié, a affirmé mercredi que l'Iran avait refusé le plan de paix proposé par les Etats-Unis pour mettre fin à près d'un mois de guerre.
"L'Iran a réagi négativement à la proposition américaine", a indiqué Press TV, chaîne publique en anglais et destinée à un public étranger. "La guerre prendra fin lorsque l'Iran décidera d'y mettre fin, et non lorsque Trump le décidera", a-t-elle ajouté en relayant les propos du responsable iranien sous couvert d'anonymat.
Toujours d'après le responsable iranien cité par Press TV, la République islamique pose de son côté cinq conditions à l'arrêt des hostilités, déclenchées le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.
Parmi celles-ci, la fin de "l'agression et des assassinats" contre l'Iran et ses dirigeants, la mise en place d'un mécanisme solide garantissant à Téhéran l'absence de reprise (par Israël et les Etats-Unis) de la guerre, mais aussi un schéma de dédommagement pour les destructions causées, en vue de la reconstruction.
La marine iranienne a indiqué mercredi avoir tiré des missiles de croisière en direction du porte-avions américain Abraham Lincoln, mettant en garde contre des frappes supplémentaires.
Selon le communiqué militaire, les missiles ont contraint le porte-avions déployé dans la région du Golfe "à changer de position". Ses mouvements "sont constamment surveillés... et dès que cette flotte hostile entrera dans le rayon d'action de nos systèmes de missiles, elle sera la cible de puissantes frappes de la marine iranienne", a prévenu dans ce communiqué le commandant de la marine, l'amiral Shahram Irani.
Le président du Kurdistan d'Irak a assuré ce mercredi que les autorités iraniennes avaient reconnu que les tirs de missiles meurtriers contre les forces armées de la région autonome avaient été une "erreur" et qu'une "enquête" était en cours.
"Dès que cet incident s'est produit, nous avons contacté la République islamique d'Iran, qui a reconnu que c'était une erreur. Ils ont promis une enquête à ce sujet (...) et ont présenté leurs condoléances au Kurdistan", a indiqué le président Nechirvan Barzani, au micro de plusieurs télévisions kurdes.
Il s'exprimait depuis la localité de Soran, où il s'est rendu pour présenter ses condoléances aux familles des victimes, après les tirs de missiles balistiques ayant tué mardi, dans cette région frontalière de l'Iran, six soldats des Peshmerga, les forces armées du Kurdistan.
L'ambassadeur d'Iran au Pakistan a déclaré ce mercredi matin qu'il n'y avait eu aucune discussion entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre, malgré des affirmations contraires du président américain Donald Trump.
"Nous avons également entendu parler de tels détails par les médias, mais d'après mes informations - et contrairement à ce qu'affirme Trump - aucune négociation, directe ou indirecte, n'a eu lieu jusqu'à présent entre les deux pays", a affirmé l'ambassadeur Reza Amiri Moghadam, ajoutant toutefois qu'il était "naturel que des pays amis soient toujours engagés dans des consultations avec les deux parties pour mettre fin à cette agression illégitime".
Au moins neuf personnes, selon les médias officiels libanais, ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi dans trois raids israéliens contre des localités du sud du Liban, qu'Israël considère comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah.
D'après l'Agence nationale d'information (ANI), une attaque israélienne a fait au moins trois morts et 18 blessés dans la région de Nabatiyeh, et une autre quatre morts et un blessé à Aadloun, au sud de la ville de Saïda, également appelée Sidon.
Selon la même source, une frappe israélienne contre un appartement du camp de réfugiés de Mieh Mieh, également près de Saïda, a par ailleurs fait deux morts et quatre blessés.
L'armée israélienne a en outre ordonné aux habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, autre fief du Hezbollah, d'évacuer en prévision d'actions militaires.
Iran et Etats-Unis négocient "en ce moment" pour tenter de mettre un terme au conflit, a affirmé mardi Donald Trump, ajoutant que son émissaire Steve Witkoff, son gendre Jared Kushner, le vice-président JD Vance et le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio participent au processus.
Plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne de télévision israélienne Channel 12, avancent que l'administration Trump a proposé un plan de paix en 15 points à l'Iran par l'entremise du Pakistan, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties.
Selon trois sources non identifiées citées par Channel 12, les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu d'un mois, le temps que les autorités iraniennes étudient leurs demandes.
Toujours selon la chaîne israélienne, parmi les 15 points, cinq concernent le programme nucléaire iranien, d'autres imposent l'abandon du soutien aux alliés de l'Iran dans la région, comme le Hezbollah ou le Hamas, et un point insiste pour que le détroit d'Ormuz reste ouvert à la navigation maritime. En contrepartie l'Iran obtiendrait une levée des sanctions internationales à son encontre et un soutien pour son programme nucléaire civil.
L'Iran a justement affirmé que les "navires non hostiles" pouvaient désormais "bénéficier d'un passage sûr par le détroit d'Ormuz en coordination avec les autorités compétentes", selon l'Organisation maritime internationale (OMI).
Près de 20% de la production mondiale d'hydrocarbures transite par ce détroit stratégique, dont le blocage de fait par Téhéran ces dernières semaines a fait flamber les prix du pétrole.
Donald Trump a évoqué mardi "un très gros cadeau" lié aux hydrocarbures, sans donner de précisions, qui pourrait justement être lié à cette réouverture partielle du détroit.
En réaction à ces informations les cours du pétrole retombent mercredi, et les Bourses d'Asie sont revenues dans le vert.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé mercredi avoir lancé des attaques contre le nord et le centre d'Israël, dont la région de Tel-Aviv, ainsi que sur deux bases militaires américaines au Koweït, une en Jordanie et une au Bahreïn.
Selon les secours israéliens, 12 personnes ont été blessées mardi soir près de Tel-Aviv par un ou plusieurs missiles iraniens.
Au Koweït, une attaque de drones a mis le feu à un réservoir de carburant à l'aéroport international de l'émirat, selon l'Autorité de l'aviation civile du pays, qui n'a pas fait état de victime.
De son côté, comme au cours des nuits précédentes, l'armée israélienne a annoncé avoir "lancé une série de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran".