L'armée israélienne a de nouveau appelé jeudi les habitants de plusieurs quartiers du sud de Beyrouth à évacuer, avertissant de nouvelles frappes contre le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran, au lendemain de bombardements meurtriers sur le Liban.
Pour la première fois, cet ordre d'évacuation, qui s'étend au-delà de la banlieue sud, concerne un quartier en bord de mer, populaire et densément peuplé, et jouxtant l'aéroport, le seul du pays. Cet avertissement inclut aussi la route y menant.
"Avertissement urgent aux habitants de la banlieue sud de Beyrouth (...) L'armée israélienne poursuit ses opérations et frappe des infrastructures militaires du Hezbollah dans l'ensemble de la banlieue sud", a déclaré sur X un porte-parole en langue arabe de l'armée, le colonel Avichay Adraee.
Un photographe de l'AFP a vu de nombreuses personnes fuir la zone après l'avertissement.
La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) a annoncé jeudi son intention de déployer cinq milliards d'euros en 2026 dans des pays et territoires touchés par la guerre au Moyen-Orient, au premier rang desquels l'Irak, la Jordanie, le Liban, la Cisjordanie et Gaza.
"L'impact économique et social du conflit se fait déjà sentir" dans nombre de pays, indique l'institution dans un communiqué, citant "des perturbations des routes commerciales, des chocs énergétiques et sur les matières premières, un affaiblissement de la confiance des investisseurs et des coûts plus larges pour la population".
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a dit jeudi avoir ordonné à son cabinet d'engager des "négociations directes" avec le Liban "dans les plus brefs délais", notamment sur le désarmement du mouvement islamiste Hezbollah, un allié de Téhéran.
"A la suite des demandes répétées du Liban d'ouvrir des négociations directes avec Israël, j'ai donné instruction hier (mercredi) au cabinet d'engager des négociations directes avec le Liban dans les plus brefs délais", a déclaré Benjamin Netanyahou, cité par son bureau.
"Les négociations porteront sur le désarmement du Hezbollah et sur l'établissement de relations de paix entre Israël et le Liban", a-t-il ajouté.
Benjamin Netanyahou a "salué" l'annonce jeudi du gouvernement libanais d'interdire à Beyrouth les armes de groupes non-étatiques, au lendemain de bombardements meurtriers de l'armée israélienne, disant viser des cibles du Hezbollah.
Selon plusieurs médias locaux citant un haut responsable israélien, l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, devrait diriger les négociations pour la partie israélienne.
La Turquie souhaite que le Liban puisse être inclu dans la trêve conclue entre les Etats-Unis et l'Iran, a affirmé le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan au lendemain de frappes meurtrières israéliennes au Liban.
"Nous espérons que le cessez-le-feu sera pleinement appliqué sur le terrain, y compris au Liban, et que ce processus aboutira à une paix durable", a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse à Ankara.
"Il est important que les parties fassent preuve d'une attitude conciliante, flexible, patiente et constructive lors des pourparlers qui débuteront au Pakistan", a-t-il également affirmé.
La Russie estime que l'accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran "s'étend" au Liban, a indiqué le ministère des Affaires étrangères, rapportant un entretien téléphonique entre le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et son homologue iranien Abbas Araghchi.
"Moscou part du principe que ces accords (...) ont une dimension régionale et s'étendent en particulier au Liban", a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué.
La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a pour sa part condamné l'offensive israélienne au Liban, estimant qu'elle "menace de faire échouer le processus de négociation qui commençait à se dessiner".
Le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé la reprise des pourparlers avec l'Iran, à la suite du cessez-le-feu temporaire conclu entre Téhéran et les États-Unis dont les émissaires doivent se retrouver au Pakistan pour des négociations.
"Après un long silence, motivé par des raisons graves de notre côté, le gouvernement allemand reprend désormais les pourparlers avec Téhéran. Nous le faisons en concertation avec les États-Unis et nos partenaires européens", a dit Friedrich Merz, lors d'une conférence de presse à Berlin.
Le conflit au Moyen-Orient pourrait plonger environ 45 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire, le risque pouvant s'amplifier encore, a alerté la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.
Dans son traditionnel discours de lever de rideau précédant les réunions de printemps, qui débutent mardi, la patronne du Fonds monétaire international (FMI) a ajouté que l'institution anticipait une demande supplémentaire de soutien de la part des pays membres "comprise quelque part entre 20 milliards et 50 milliards de dollars, dans la limite basse si le cessez-le-feu tient".
La forte hausse des prix de l'énergie et les ruptures d'approvisionnement de pétrole, gaz naturel liquéfié (LNG) et engrais risquent toutefois de provoquer "de l'insécurité alimentaire pour au moins 45 millions de personnes", ce qui porterait le total "des personnes victimes de la faim à plus de 360 millions", s'est inquiétée la directrice générale du FMI.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a condamné "l'agression continue d'Israël contre le Liban", à la veille de pourparlers prévus entre les États-Unis et l'Iran à Islamabad.
"Le Premier ministre a déclaré que le Pakistan menait des efforts sincères en faveur de la paix régionale et que c'est dans cet esprit que les pourparlers de paix entre l'Iran et les États-Unis étaient organisés", selon un communiqué du bureau de Sharif.
Le Pakistan apprécie "la retenue manifestée par toutes les parties" avant des discussions prévues à Islamabad entre les Etats-Unis et l'Iran, ont estimé le Premier ministre pakistanais et le chef de l'armée.
"Les deux dirigeants ont exprimé leur satisfaction quant à la désescalade obtenue jusqu'à présent et ont souligné la nécessité pour toutes les parties de maintenir la paix et le cessez-le-feu", a indiqué le bureau du Premier ministre Shehbaz Sharif, à l'issue de sa rencontre avec le maréchal Asim Munir.
Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a demandé à son homologue pakistanais de confirmer que la trêve entre l'Iran et les Etats-Unis incluait le Liban, au lendemain de frappes israéliennes sans précédent qui ont fait plus de 200 morts dans le pays.
Dans un échange avec Shehbaz Sharif, Nawaf Salam "a salué ses efforts pour aboutir au cessez-le-feu et lui a demandé de confirmer que la trêve devait inclure le Liban, pour éviter une réédition des agressions israéliennes" de la veille, selon un communiqué de la présidence du Conseil.
Shehbaz Sharif, dont le pays s'est imposé comme médiateur dans le conflit au Moyen-Orient, avait annoncé dans la nuit de mardi à mercredi que l'Iran et les Etats-Unis "ainsi que leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban".
Israël et Washington ont démenti que l'accord concerne le Liban, pilonné par l'armée israélienne en guerre contre le Hezbollah soutenu par Téhéran. Après Paris et Londres, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas a martelé que le cessez-le-feu convenu entre Washington et Téhéran devait "inclure le Liban".
L'Iran a prévenu que le Liban constituait une "partie inséparable" de l'accord, ajoutant que toute violation de la trêve provoquerait une "réponse ferme" de sa part.
Le Hezbollah a déclaré que ses combattants étaient engagés dans des affrontements directs avec les forces israéliennes à Bint Jbeil, dans le sud du Liban, où le mouvement chiite les avait repoussées en 2006 à l'issue d'une bataille acharnée.
Située à cinq kilomètres de la frontière avec Israël, cette localité revêt aussi une importance symbolique pour le Hezbollah allié de Téhéran, pour avoir accueilli en 2000 un discours de son ex-dirigeant, Hassan Nasrallah, célébrant le retrait israélien du sud du Liban après deux décennies d'occupation.
Le baril de pétrole américain est remonté au-delà des 100 dollars à cause des doutes sur la solidité du cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis et d'un détroit d'Ormuz qui reste largement paralysé.
Alors qu'il avait dégringolé mercredi pour terminer la séance à 94,41 dollars, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, rebondissait de 5,83% à 99,91 dollars vers 15 heures, après avoir dépassé brièvement la barre des 100 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, prenait 3,67% à 98,23 dollars.
Après avoir pilonné le sud de la capitale libanaise, provoquant la mort de plus de 200 personnes, Israël a lancé un nouvel appel à évacuer aux habitants de la banlieue sud de Beyrouth.
"Avertissement urgent aux habitants de la banlieue sud de Beyrouth (...) L'armée israélienne poursuit ses opérations et frappe des infrastructures militaires du Hezbollah dans l'ensemble de la banlieue sud", a déclaré sur X un porte-parole en langue arabe de l'armée, le colonel Avichay Adraee.
L'Iran a prévenu que le Liban constituait une "partie inséparable" de l'accord de cessez-le-feu au Moyen-Orient, ajoutant que toute violation de la trêve provoquerait une "réponse ferme" de sa part.
"Le Liban et l'Axe de la Résistance tout entier, en tant qu'alliés de l'Iran, forment une partie inséparable du cessez-le-feu" conclu avec les Etats-Unis via une médiation du Pakistan, a souligné le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans un message sur X.
Alors que des frappes d'Israël sur le Liban ont fait plus de 200 morts mercredi, Mohammad Bagher Ghalibaf a mis en garde contre des "violations du cessez-le-feu", qui déboucheront sur "une réponse ferme". "Eteignez l'incendie immédiatement", a-t-il ajouté.
Les frappes au Liban mercredi, qui ont fait plus de 200 morts, témoignent du "non-respect des engagements" par Israël, "rendant les négociations dénuées de sens", a estimé sur X le président iranien Massoud Pezeshkian.
"Nos mains restent sur la gâchette. L'Iran n'abandonnera jamais ses frères et sœurs libanais", a-t-il ajouté, alors que des pourparlers sont prévus en fin de semaine entre Washington et Téhéran sous médiation pakistanaise.
Dans une publication sur X, le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif dit avoir reçu "un appel téléphonique chaleureux et substantiel du président Emmanuel Macron".
"Le président Macron a gracieusement félicité le Pakistan pour ses efforts sincères visant à faciliter le cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis, et pour avoir contribué à amener les deux parties à la table des négociations. Le Pakistan continuera de travailler avec ses partenaires et amis, y compris la France, afin de veiller à ce que cette opportunité aboutisse à une paix durable et stable", a-t-il également écrit.
Le Pakistan va accueillir des négociations entre les États-Unis et l'Iran à partir de ce samedi.
Le gouvernement libanais a décidé d'interdire à Beyrouth les armes de groupes non-étatiques, au lendemain de frappes meurtrières sur la capitale de l'armée israélienne, qui affirme viser le Hezbollah pro-iranien.
"Par souci pour la sécurité des citoyens", le gouvernement "demande à l'armée et aux forces de sécurité d'étendre immédiatement le contrôle (...) de l'État sur la région de Beyrouth et d'y limiter le port des armes aux seules forces légales", a annoncé le Premier ministre Nawaf Salam.
Le Hezbollah est le seul groupe à avoir conservé ses armes au Liban au sortir de la guerre civile. Les deux ministres relevant de ce parti se sont opposés à la décision du gouvernement, a indiqué le porte-parole du cabinet, Paul Morcos. Mais toute décision qui concerne l'arsenal du Hezbollah est difficile à mettre en œuvre, vu son emprise sur le pays.
Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a exclu toute restriction du programme d'enrichissement d'uranium, une des demandes fondamentales des Etats-Unis et d'Israël, dans un entretien avec l'agence Isna.
"Les revendications et exigences de nos ennemis visant à restreindre le programme d'enrichissement de l'Iran ne sont que des voeux pieux qui seront enterrés", a déclaré Mohammad Eslami, alors que des discussions doivent se tenir en fin de semaine, sous médiation pakistanaise.
L'Union européenne rejette toute idée de "péage" pour emprunter le détroit d'Ormuz, où la liberté de navigation doit être maintenue, a affirmé un de ses porte-parole.
"Le droit international consacre la liberté de navigation, ce qui veut dire ce que ça veut dire: aucun paiement, ni péage, quel qu'il soit", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.
Les cours du pétrole accélèrent leur rebond, la hausse du prix de baril américain de WTI dépassant brièvement 5%, en raison de doutes sur la solidité de la trêve au deuxième jour du cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis, tandis que le détroit d'Ormuz reste largement paralysé.
Vers 10H25 GMT (12H25 à Paris), le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en mai, grimpait de 5,00% à 99,13 dollars. Le baril de Brent, pour livraison en juin, gagnait 3,56% à 98,12 dollars.
Israël frappera le mouvement islamiste pro-iranien Hezbollah "partout où il le faudra", a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu, au lendemain de meurtrières frappes israéliennes sur le Liban.
"Nous continuons à frapper le Hezbollah avec force, précision et détermination", a-t-il écrit sur son compte X.
"Notre message est clair: quiconque s'en prend aux civils israéliens sera frappé. Nous continuerons à frapper le Hezbollah partout où il le faudra, jusqu'à ce que nous ayons pleinement rétabli la sécurité pour les habitants du nord" d'Israël, a-t-il ajouté.
L'armée israélienne a déclaré avoir tué la veille dans une de ses frappes sur Beyrouth le secrétaire du chef du mouvement islamiste pro-iranien Hezbollah Naïm Qassem.
La Chine a appelé au respect de la "souveraineté et la sécurité" du Liban après des bombardements israéliens meurtriers la veille, qui ont fait selon les autorités libanaises 182 morts et 890 blessés.
"La souveraineté et la sécurité du Liban ne doivent pas être violées, et la vie ainsi que les biens des civils doivent être protégés. La Chine appelle les parties concernées à faire preuve de calme et de retenue, et à oeuvrer à une désescalade de la situation dans la région", a déclaré devant la presse Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Elle n'a pas répondu spécifiquement à une question sur la nécessité ou non d'étendre au Liban le cessez-le-feu conclu entre l'Iran et les Etats-Unis.
Des milliers d'Iraniens rendent hommage à l'ancien guide suprême Ali Khamenei, au pouvoir en Iran durant près de quatre décennies et tué le 28 février au premier jour de la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis.
Son fils Mojtaba, qui lui a succédé début mars, n'a fait aucune apparition publique depuis. Sa présence semble à ce stade peu probable alors qu'il a été blessé dans une frappe d'après des responsables iraniens.
L'armée américaine restera déployée à proximité de l'Iran jusqu'à l'application complète d'un "réel accord", a déclaré mercredi soir le président américain Donald Trump, au lendemain de l'annonce d'un cessez-le-feu fragile de deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran.
"Tous les navires, avions et personnel militaire, avec des munitions et des armes supplémentaires, (...) resteront en place dans et autour de l'Iran jusqu'à ce que le RÉEL ACCORD conclu soit pleinement respecté", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, avertissant que dans le cas contraire cela "tirera plus fort que ce que personne n'a jamais vu".
Les frappes israéliennes sur le Liban font peser un "grave danger" pour le cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, a mis en garde mercredi le porte-parole d'Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU.
"La poursuite de l'activité militaire au Liban fait peser un grave danger sur le cessez-le-feu et les efforts menés en faveur d'une paix durable et générale dans la région", a affirmé, dans un communiqué, le porte-parole d'Antonio Guterres, qui réitère ses appels à une fin immédiate des hostilités. Les bombardements israéliens sur le Liban ont fait 182 morts mercredi.
Le Hezbollah pro-iranien a dit avoir lancé des roquettes sur Israël, en réaction à sa "violation du cessez-le-feu".
Estimant avoir "respecté le cessez-le-feu alors que l'ennemi ne l'a pas fait", le mouvement libanais a "ciblé la zone de Manara (juste de l'autre côté de la frontière avec Israël, ndlr) avec un barrage de roquettes à 2h30" heure locale, a affirmé dans un communiqué le Hezbollah, qui n'avait plus revendiqué d'attaques contre Israël depuis l'annonce il y a 24 heures d'une trêve de deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran, après 39 jours de conflit.
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a annoncé que les navires passant le détroit d'Ormuz devaient emprunter deux routes alternatives, proches des côtes iraniennes, invoquant la possibilité de "mines" sur l'itinéraire habituel plus au large.
"De manière à être protégés de possibles collisions avec des mines, en coordination avec la marine des Gardiens de la Révolution (....), jusqu'à nouvel ordre, (les navires) devront prendre des routes alternatives pour le trafic dans le détroit d'Ormuz", a indiqué l'agence de presse Mehr citant un communiqué militaire accompagné d'un plan maritime montrant les itinéraires au sud et nord de l'île de Larak.