La délégation iranienne dépêchée en Suisse pour négocier avec les Etats-Unis et des médiateurs un accord visant à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient "reste engagée" dans les discussions, a indiqué dimanche soir à l'AFP un diplomate proche des négociations.
"La délégation iranienne reste engagée dans les discussions et n'a pas communiqué aux médiateurs d'intention de partir", a indiqué ce diplomate sous couvert d'anonymat, après des informations de médias iraniens faisant état du départ des négociateurs iraniens du bâtiment où se tenaient les pourparlers.
Israël a annoncé dimanche la levée dans le nord du pays, près de la frontière avec le Liban, de toutes les restrictions de rassemblement liées à la guerre avec le Hezbollah pro-iranien à partir de lundi.
"A la suite d'une évaluation de la situation, il a été décidé de mettre à jour les consignes", a indiqué une branche de l'armée dans un communiqué, après une accalmie dans les combats dans le sud du Liban.
"A compter de 6 heures (3 heures GMT) le lundi 22 juin 2026, toutes les restrictions seront levées dans la zone de la ligne de confrontation (...) et passeront à un niveau de pleine activité, sans aucune restriction", indique le communiqué.
La délégation iranienne a quitté dimanche soir en Suisse le lieu où se tenaient des pourparlers avec les Etats-Unis, après un message sur les réseaux sociaux jugé "insultant" de Donald Trump, selon l'agence de presse gouvernementale Irna.
"La délégation de la République islamique d'Iran a quitté le bâtiment où se déroulaient les négociations", a écrit Irna, en ajoutant que les pourparlers, menés sous médiation du Pakistan et du Qatar, étaient "entrés dans une phase difficile après 80 minutes de discussions et une interruption, à la suite de la publication d'un message insultant du président des Etats-Unis".
Donald Trump a menacé de reprendre les frappes sur l'Iran si le pays n'empêchait pas ses alliés du Hezbollah de "causer des problèmes" au Liban.
Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a conseillé dimanche aux Etats-Unis de "peser leurs mots" après un message de Donald Trump menaçant de frapper l'Iran, en pleins pourparlers en Suisse.
"Ils feraient mieux de peser leurs mots; nos forces armées sont prêtes à leur répondre autrement", a tancé sur X l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, sans citer nommément le président américain mais dans une référence explicite à son dernier message.
Donald Trump avait enjoint plus tôt Téhéran à empêcher ses alliés au Liban de "causer des problèmes", sans quoi les Etats-Unis reprendraient leurs frappes sur l'Iran.
Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a refusé dimanche toute zone de sécurité israélienne dans le sud du Liban, après qu'Israël a dit vouloir y maintenir son armée. Le maintien de forces israéliennes sur le sol libanais est "impossible" et "il n'y a pas de zones de sécurité pour Israël", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans une adresse télévisée.
"Nous avons une armée libanaise seule à même de se déployer et responsable de la sauvegarde de la souveraineté" du Liban, "et c'est avec elle que nous coopérons", a-t-il ajouté.
La télévision d'Etat iranienne a fait état d'une pause dans les négociations en Suisse entre l'Iran et les Etats-Unis, sous médiation du Pakistan et du Qatar, et affirmé que le programme nucléaire iranien n'avait pas été discuté.
"Aucune négociation concernant le programme nucléaire iranien n'a eu lieu durant les 80 minutes de la première session de pourparlers", a indiqué la chaîne, ajoutant que les discussions avaient porté à ce stade sur le respect du protocole d'accord conclu entre Téhéran et Washington, ainsi que sur la situation au Liban.
L'armée israélienne restera dans le sud du Liban "aussi longtemps que nécessaire", a déclaré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur fond de négociations entre l'Iran et les Etats-Unis en Suisse pour mettre fin au conflit dans la région.
"Nous resterons dans la zone de sécurité du sud du Liban aussi longtemps que nécessaire afin de protéger les habitants du nord [d'Israël], qui nous sont chers, ainsi que l'ensemble des citoyens de l'État", a dit Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie à la mémoire de son frère, tombé au combat en 1976.
Il a ajouté que "quels que soient les développements diplomatiques à venir, je ne permettrai pas à l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Tant que je serai Premier ministre d'Israël, cela n'arrivera pas".
Le mouvement pro-iranien Hezbollah est dans une "position très difficile", a affirmé dimanche le chef d'état-major de l'armée israélienne, en visite auprès des troupes déployées dans le sud du Liban.
"Le Hezbollah a subi un coup sévère et significatif", a déclaré le lieutenant-général Eyal Zamir, affirmant que l'armée était prête "à poursuivre (ses) opérations afin d'empêcher sa reconstruction". "Le Hezbollah se trouve dans une situation très difficile", a-t-il ajouté, selon un communiqué militaire.
Le vice-président américain JD Vance a qualifié d'"historiques" les négociations engagées dimanche en Suisse avec l'Iran pour finaliser un protocole d'accord mettant fin aux hostilités au Moyen-Orient.
"Ce que le président nous a demandé de faire, c'est de tourner une nouvelle page afin de transformer notre relation avec le peuple iranien, et de tendre la main aux Iraniens", a déclaré JD Vance au début de discussions entre les deux pays et les médiateurs du Qatar et du Pakistan dans un complexe hôtelier de luxe du Bürgenstock, dans les Alpes suisses.
Il s'agit de leur "dire que si leurs dirigeants sont prêts à renoncer à leur rôle de facteur d'instabilité régionale, s'ils sont prêts à abandonner durablement toute ambition de se doter de l'arme nucléaire, alors les États-Unis sont prêts à transformer fondamentalement leur relation avec ce pays", a-t-il poursuivi.
"Il s'agit d'une réunion historique", a-t-il ajouté, évoquant déjà "de grands progrès au cours des dernières heures". "Je m'attends à ce que nous réalisions encore des avancées dans les heures à venir", a-t-il insisté.
Donald Trump a enjoint à Téhéran d'empêcher ses alliés au Liban de "causer des problèmes", sans quoi les Etats-Unis reprendraient leurs frappes sur l'Iran, en pleines négociations dimanche en Suisse entre les deux pays.
"L'Iran doit immédiatement empêcher ses groupes affiliés hautement payés au Liban de causer des problèmes. S'ils ne le font pas, nous frapperons l'Iran très fort à nouveau, comme nous l'avons fait la semaine dernière, si ce n'est plus fort encore", a lancé le président américain sur sa plateforme Truth Social, en référence aux affrontements entre le Hezbollah, allié de Téhéran, et Israël, dans le sud du Liban.
Aucun accord avec les Etats-Unis n'est possible sans paix au Liban, a affirmé l'Iran dimanche, avant des pourparlers cruciaux avec Washington prévus dans l'après-midi en Suisse dans la foulée du protocole d'accord conclu cette semaine pour mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.
"Sans la mise en oeuvre de ces dispositions – en particulier la clause 1 (la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban) – il n'est pas possible d'entrer dans la phase de négociation en vue d'un accord final", a écrit sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
Le protocole d'accord prévoit une période de 60 jours de pourparlers centrés sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions contre l'Iran en vue d'un règlement final.
L'Iran a déclaré dimanche que la situation au Liban, où l'armée israélienne mène quasi quotidiennement des frappes contre le Hezbollah soutenu par Téhéran, serait le "principal" sujet des pourparlers avec les Etats-Unis organisés en Suisse dans la journée.
"Le régime sioniste (Israël, NDLR) continue de violer ses engagements au Liban. Cette question sera le principal sujet des discussions d'aujourd'hui", a affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
Il a ajouté que la question du déblocage des avoirs gelés iraniens et ses ventes de pétrole seraient également abordées, dans une vidéo diffusée par l'agence officielle Irna.
Les médiateurs pakistanais sont arrivés en Suisse pour les pourparlers, selon le gouvernement pakistanais.
Les pourparlers, attendus sur plusieurs jours, doivent notamment aborder le programme nucléaire iranien et la question d’un cessez-le-feu au Liban. JD Vance a toutefois précisé qu’il ne pourrait rester que "un jour ou deux", tout en exprimant l’espoir de progrès rapides sur les principaux dossiers.
Le vice-président américain JD Vance est arrivé ce dimanche matin en Suisse, où doivent se tenir des pourparlers avec l’Iran, a indiqué son porte-parole. Il a atterri sur la base aérienne d’Emmen, près de Lucerne, accompagné de son épouse, avant de rejoindre les principaux émissaires américains mobilisés sur ce dossier.
Parmi eux figurent Steve Witkoff, émissaire spécial, et Jared Kushner, gendre du président Donald Trump. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a joué un rôle clé dans la conclusion de l’accord du 17 juin, a également annoncé sa présence en Suisse pour cette nouvelle phase de discussions.
Les évolutions du conflit au Moyen-Orient ce dimanche 21 juin sont marquées par le début en Suisse des discussions entre les États-Unis et l’Iran en vue d’une paix durable.
Ces pourparlers interviennent quatre jours après la signature d’un protocole d’accord et sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours.