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En directGuerre au Moyen-Orient : «Venger» Khamenei est «inévitable», prévient le guide suprême iranien

[Elke Scholiers / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP]
Cette semaine, Donald Trump a annoncé que le cessez-le-feu qui avait été signé entre les États-Unis et l'Iran était terminé. Depuis, les deux pays ont repris leurs frappes. Washington a visé plusieurs cibles en Iran, quand Téhéran a frappé plusieurs sites stratégiques américains au Moyen-Orient. Ce samedi, le président américain a menacé de "décimer et détruire complètement" l'Iran si le régime des mollahs tentait de l'assassiner.
L'Iran avertit qu'il ne se considérera plus tenu par l'accord avec Washington en cas de nouvelles violations

L'Iran a averti qu'il ne se considérerait plus tenu par l'accord conclu avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient si Washington continuait selon lui d'en violer les termes, a rapporté samedi la télévision d'Etat.

"Si les Etats-Unis continuent de manquer à leurs obligations au titre du protocole d'accord, l'Iran ne sera plus tenu de respecter ses propres obligations au titre de cet accord", a indiqué vendredi le représentant iranien aux Nations unies, Amir Saeid Iravani.

Une délégation américaine au Liban pour discuter du retrait israélien de "zones pilotes"

Une délégation militaire américaine a entamé à Beyrouth des discussions avec l'armée libanaise sur les modalités de mise en oeuvre du retrait israélien d'une des "zones pilotes" du sud du pays en partie occupé, a indiqué samedi à l'AFP un responsable militaire libanais.

En vertu d'un accord-cadre conclu le 26 juin, Israël doit se retirer progressivement des secteurs du sud du Liban où il a déployé des troupes dans le cadre de son offensive contre le Hezbollah, mouvement islamiste soutenu par l'Iran.

Cet accord prévoit que l'armée libanaise, longtemps marginalisée, reprenne le contrôle total de deux secteurs limités, qualifiés de "zones pilotes".

"La délégation militaire américaine est arrivée et a entamé des réunions avec le commandement de l'armée libanaise pour discuter des mécanismes de mise en oeuvre de la première zone pilote, dont les Israéliens doivent se retirer afin de permettre le déploiement de l'armée libanaise", a déclaré le responsable militaire, sous couvert d'anonymat.

"C'est le principal objectif de la délégation militaire américaine au Liban (...) traduire l'accord-cadre en mesures concrètes et en assurer la mise en œuvre", a-t-il ajouté.

"La première zone pilote sera mise en place dans les prochains jours, tandis que d'autres sont en cours de délimitation et de préparation", avait déclaré cette semaine à Washington un responsable américain sous couvert d'anonymat.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) coordonnera la mise en oeuvre de ces zones avec les deux pays, selon ce responsable.

La «vengeance» pour Khamenei est «inévitable», dit le guide suprême iranien

Mojtaba Khamenei, guide suprême iranien, a affirmé une "vengeance inévitable" après la mort de son père, tué dans des bombardements israélo-américains. Accusant l'Iran de vouloir le faire assassiner, Donald Trump a répondu en assurant que les États-Unis détruiraient et décimeraient "complètement toutes les régions d'Iran" si cela se produisait.

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé samedi que la "vengeance" était "inévitable" après la mort d'Ali Khamenei, son père, tué dans des bombardements israélo-américains au premier jour de la guerre, après de nouveaux échanges de frappes cette semaine malgré la signature d'un protocole d'accord.

L'ayatollah s'est exprimé, dans un message écrit daté de vendredi mais diffusé samedi, pour la première fois depuis les funérailles de son père et prédécesseur, qui ont pris fin avec son inhumation jeudi et avaient débuté six jours plus tôt.

"Nous jurons de venger son sang pur"

"Je dis à notre guide martyr que nous jurons de venger son sang pur et celui de tous les martyrs de ces deux guerres, versé par des assassins criminels et déshonorants", écrit Mojtaba Khamenei, désigné en mars mais qui n'est pas apparu en public depuis. "Cette vengeance est la volonté de notre nation et elle doit s'accomplir, inévitablement."

"Ces criminels, dont les noms figurent sur une liste, emporteront dans leur tombe le souhait d'une mort paisible dans leur lit", a-t-il ajouté.

"L'armée américaine est prête" à "décimer et détruire complètement toutes les régions d'Iran"

Vendredi, Donald Trump a accusé l'Iran de vouloir le faire assassiner, renouant avec son ton martial en promettant une nouvelle fois de l'anéantir. "Les ordres ont déjà été donnés, et l'armée américaine est prête, disposée et capable, pendant une période d'un an, susceptible d'être prolongée, de décimer et de détruire complètement toutes les régions d'Iran", a écrit le président américain sur Truth Social.

Il a ajouté que "1.000 missiles sont prêts à tirer et pointés vers la République islamique d'Iran", avec "des milliers d'autres" à disposition. Ce durcissement des propos fait suite à des échanges de frappes, qui ont depuis cessé.

Sanctions

Les États-Unis ont frappé l'Iran deux nuits consécutives à partir de mardi après avoir imputé à Téhéran la responsabilité d'attaques contre trois navires commerciaux dans le stratégique détroit d'Ormuz. Selon le ministère iranien de la Santé, 17 Iraniens ont été tués et 115 blessés.

Si Washington affirme avoir visé des cibles militaires, Téhéran l'accuse d'avoir aussi touché des infrastructures civiles afin d'empêcher les Iraniens de se rendre aux obsèques de Khamenei. Les sanctions contre le pétrole iranien, suspendues par le protocole d'accord signé le 17 juin, ont aussi été rétablies, une "violation" du cessez-le-feu, selon le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

L'Iran a de son côté visé ses voisins du Golfe : le Koweït, où au moins une personne a été blessée, Bahreïn et le Qatar. Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr, a prévenu que l'Iran riposterait "à toute attaque" contre ses infrastructures, y compris en s'en prenant à Israël.

Tractations diplomatiques

Face à la reprise des hostilités, les médiateurs s'efforcent de remettre la diplomatie sur les rails. Une délégation du Qatar, pays médiateur, est arrivée vendredi en Iran, selon un média local. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays est également actif dans les négociations, a dit sur X avoir exhorté le président iranien Massoud Pezeshkian à sauver une paix "durement gagnée".

Donald Trump a accepté de continuer les discussions, bien qu'il ait affirmé que le cessez-le-feu était "terminé". Téhéran estime s'être tenu aux engagements pris le 17 juin, Abbas Araghchi écrivant sur X samedi que son pays avait "tenu parole".

"Aucune négociation n'aura lieu tant que la partie américaine n'aura pas revu ses positions", a déclaré à l'agence de presse Fars une source proche des négociateurs iraniens, pour qui il faut notamment régler "la question du transit par le détroit (d'Ormuz) selon les modalités souhaitées par l'Iran".

Un ultimatum jusqu'à samedi pour la sécurité dans le détroit d'Ormuz

Abbas Araghchi doit aborder cette question, au coeur du différend avec les États-Unis, avec son homologue omanais Badr al-Busaidi, qui l'a reçu samedi à Mascate.

L'Iran avait bloqué le détroit, situé dans les eaux iraniennes et omanaises et par lequel transitait un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures avant la guerre, en riposte à l'offensive israélo-américaine. 

Il autorise désormais un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, et exclut tout retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage était gratuit, bien que le droit de la mer prévoie une liberté de navigation "sans entrave". Selon les médias américains Axios et Politico, Washington a fait savoir à Téhéran qu'il lui donnait jusqu'à samedi pour s'engager publiquement à ne plus attaquer de navires à Ormuz.

Deux militaires tués dans une attaque à Machhad

Deux membres des forces de sécurité iraniennes ont été tués dans une attaque survenue à Machhad, où se sont déroulées jeudi les funérailles de l'ancien dirigeant Ali Khamenei, a rapporté samedi l'agence de presse iranienne Tasnim.

L'agence n'a pas précisé la date de l'incident ni l'identité des assaillants. Les deux victimes étaient "membres des forces Bassidj", une force paramilitaire affiliée aux Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, a indiqué Tasnim.

Selon la même source, les deux hommes ont été tués alors qu'ils "patrouillaient dans la ville de Machhad à une quinzaine de kilomètres du sanctuaire" de l'imam Reza, principal lieu saint du chiisme en Iran, où Ali Khamenei a été inhumé tôt vendredi.

"Un piéton a également été blessé par les assaillants et transporté à l'hôpital", a ajouté l'agence iranienne.

Le guide suprême a été tué dans une frappe américano-israélienne fin février, au tout début de la guerre au Moyen-Orient.

Les hostilités ont repris cette semaine entre l'Iran et les Etats-Unis qui ont échangé des frappes, les plus importantes depuis leur signature le 17 juin d'un protocole d'accord venu entériner le cessez-le-feu d'avril.

Donald Trump menace de «décimer et détruire complètement» l'Iran s'il tente de l'assassiner

Le président américain Donald Trump a menacé vendredi de "décimer et détruire complètement" l'Iran si le gouvernement de ce pays essayait de le faire assassiner.

"1.000 missiles sont prêts à tirer et pointés vers la République islamique d'Iran, et des milliers d'autres suivront immédiatement si le gouvernement iranien met à exécution sa menace, proclamée aux quatre coins du globe, d'assassiner ou de tenter d'assassiner le président en exercice des États-Unis d'Amérique, c'est-à-dire MOI ! ", a écrit M. Trump sur son réseau social Truth. 

"Les ordres ont déjà été donnés, et l'armée américaine est prête, disposée et capable, pendant une période d'un an, susceptible d'être prolongée, de décimer et de détruire complètement toutes les régions d'Iran", a-t-il ajouté.

L'Iran a "tenu parole" vis-à-vis des États-Unis, affirme Abbas Araghchi

L'Iran a "tenu parole" vis-à-vis des Etats-Unis depuis la signature d'un protocole d'accord de cessez-le-feu, que le président américain Donald Trump a donné pour terminé, a affirmé samedi le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

"Jusqu'à présent, l'Iran a tenu parole", a écrit M. Araghchi sur X, en accusant Washington de "violation" du cessez-le-feu pour avoir rétabli les sanctions économiques contre l'Iran. "Cette violation s'ajoute à d'autres violations et faux pas commis par les Etats-Unis. Regardons les choses en face: il ne peut y avoir de respect que lorsqu'il est mutuel", a-t-il ajouté.