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En directCrise de Ceuta : Sanchez dénonce l'attitude «égoïste» de certains pays de l'UE, réclame une réunion des ministres des 27

[JORGE GUERRERO / AFP]
Ces derniers jours, plus de 60.000 migrants sont arrivés dans l'enclave espagnole de Ceuta, dans le nord-est du Maroc. 34 personnes sont mortes, beaucoup par noyades. Plusieurs pays membres de l'Union européenne craignent une arrivée massivement de migrants sur leur territoire. Madrid assure que "la quasi-totalité" des migrants sont rentrés au Maroc.
Au moins 67 migrants sont morts en essayant d'entrer à Ceuta

Au moins 67 migrants sont morts en essayant d'entrer à Ceuta, enclave espagnol dans le nord du Maroc, a annoncé ce samedi le ministre espagnol de l'Intérieur, évoquant des "événements tristes, dramatiques". 

"En moins de 48 heures, la situation à Ceuta n'a plus rien à voir et un retour à la normale est en cours", a par ailleurs indiqué Fernando Grande-Marlaska lors d'un point-presse depuis Ceuta, à l'issue d'une réunion d'urgence sur cette crise d'ampleur inédite.

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Pedro Sanchez dénonce l'attitude "égoïste" de certains pays de l'UE, réclame une réunion des ministres des 27

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a dénoncé samedi l'attitude "égoïste" de certains pays de l'Union euroéenne face à la crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta et réclamé une réunion en visioconférence des ministres de l'Intérieur des 27.

"Une telle attitude - motivée par les préjugés, les fausses informations, l'ignorance ou des intérêts politiques - est non seulement contraire au droit européen, au droit humanitaire et aux principes de solidarité qui nous unissent, mais elle va également à l'encontre des intérêts à long terme de l'Europe", a-t-il écrit dans une lettre adressée aux chefs des institutions européennes et consultée par l'AFP.

Pedro Sanchez a appelé à "ne pas se diviser"

Dans ce contexte tendu, le Premier ministre Pedro Sánchez, dont le gouvernement défend une approche ouverte en matière migratoire, à contre-courant de nombreux autres pays européens, a appelé vendredi les autres pays de l'UE à "ne pas se diviser".

En déplacement à Ceuta, le dirigeant socialiste, dont le gouvernement a lancé un vaste plan de régularisation de sans-papiers pour lequel près de 1,2 million de demandes ont été déposées par des étrangers en situation irrégulière, avait évoqué "une attaque, une violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne" et accusé des "mafias" d'être à l'origine de la rumeur d'ouverture de la frontière.

À Madrid vendredi soir, plusieurs centaines de manifestants anti-migrants se sont rassemblés devant l'ambassade du Maroc pour "défendre l'identité espagnole", a constaté un journaliste de l'AFP.

Une crise politique entre plusieurs pays européens

Face à cette situation, dès jeudi, l'Italie avait annoncé vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen. Une mesure qui a reçu le soutien des gouvernements finlandais et danois. 

De son côté, Madrid s'est insurgée de cette proposition "démagogique" et à la portée incertaine. De plus, les textes européens ne prévoient pas une telle mesure. Emmanuel Macron a demandé au ministre de l'Intérieur de renforcer les contrôles à la frontière espagnole. 

60.000 migrants sont arrivés massivement à Ceuta

Ces derniers jours, l'enclave espagnole de Ceuta a vu plus de 60.000 migrants arrivés sur un territoire qui compte 84.000 habitants en temps normal. Ce sont en très grande majorité des Marocains et principalement des jeunes hommes et des adolescents. 

Dès ce vendredi après-midi, les autorités espagnoles ont affirmé que 48.000 d'entre eux étaient déjà rentrés au Maroc. Pour empêcher les migrants de traverser à la nage entre le Maroc et Ceuta, une barrière pneumatique de 500 mètres de long est en cours d'installation dans la mer Méditerranée, a annoncé samedi matin le ministère espagnol de l'Intérieur.

Les images de cette crise migratoire, inédite par son ampleur à Ceuta, a provoqué de vives réactions au sein de l'Union européenne, notamment sur le sujet des contrôles aux frontières de l'espace Schengen.