L'ambassadeur israélien aux Etats-Unis a déclaré vendredi qu'Israël s'engageait à un cessez-le-feu immédiat, à condition qu'il soit également respecté par le Hezbollah pro-iranien.
"Israël demeure fermement engagé à un cessez-le-feu immédiat", a écrit l'ambassadeur Yechiel Leiter sur son compte X. "Si le Hezbollah honore l'accord et cesse ses hostilités, cela sera accueilli par le calme", a-t-il ajouté.
Le président libanais, Joseph Aoun, a souligné vendredi lors d'un entretien téléphonique avec le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, qu'un "cessez-le-feu global" constituait une "base fondamentale" pour avancer dans les négociations directes avec Israël.
Avant la reprise de ces négociations prévue lundi à Washington, M. Aoun a aussi remercié M. Rubio pour "le soutien des Etats-Unis au Liban", selon un communiqué de la présidence.
Israël et le Hezbollah se sont mis d'accord vendredi sur un cessez-le-feu, a annoncé vendredi un responsable américain, après un regain de violences au Liban qui a mis en péril le nouvel accord entre les Etats-Unis et l'Iran.
La trêve, déjà entrée en vigueur, a été négociée par les médiateurs américains et qataris à la suite de discussions avec Israël et l'Iran, a déclaré le responsable à l'AFP sous couvert de l'anonymat.
L'autorité maritime iranienne responsable du détroit d'Ormuz a exigé que tous les navires souhaitant franchir cette voie stratégique soumettent "48 heures à l'avance" une demande de transit, malgré sa réouverture dans la foulée de l'accord cadre irano-américain mettant fin à la guerre.
"Afin d'éviter tout retard à l'entrée ou à la sortie du détroit d'Ormuz, il est essentiel que les demandes de passage, accompagnées de toutes les informations requises, soient soumises au moins 48 heures avant l'arrivée dans la zone", a indiqué en anglais sur X l'Autorité du détroit du Golfe Persique (PGSA).
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a accusé Israël de vouloir "la guerre permanente", après des propos d'un ministre israélien d'extrême droite appelant à "tout brûler" au Liban après la mort de quatre soldats israéliens.
"Il ne s'agit pas d'une diatribe d'un génocidaire lunatique isolé. C'est une déclaration publique du ministre de la Sécurité nationale du régime israélien", a écrit sur X Abbas Araghchi. "Ce culte génocidaire, basé à Tel Aviv, représente une menace pour l'humanité entière (...) Son seul objectif est la guerre permanente", a ajouté Abbas Araghchi.
L'intensification des frappes israéliennes meurtrières sur le Liban sape les efforts pour mettre un terme à la guerre dans le pays après le protocole d'accord irano-américain, a affirmé le président libanais Joseph Aoun.
Alors que ces frappes ont fait 21 morts et 39 blessés depuis jeudi soir dans le sud et l'est du pays, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé, Joseph Aoun a dénoncé "une escalade dangereuse et condamnable" ayant coûté la vie à "des dizaines d'innocents dont des femmes et enfants", dans un communiqué de la présidence.
Selon Joseph Aoun, ces frappes "s'attaquent à tous les efforts en cours pour consolider le cessez-le-feu et mettre fin à la guerre, en particulier à la lumière des récents développements entre les Etats-Unis et l'Iran" qui ont signé mercredi un protocole d'accord pour parvenir à une fin des hostilités au Moyen-Orient, y compris au Liban.
Israël restera au Liban "aussi longtemps que nécessaire" a affirmé vendredi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ajoutant que son pays ferait "payer un prix très lourd" au mouvement islamiste Hezbollah, après l'annonce de la mort de quatre soldats en opération.
L'armée israélienne "restera dans la zone de sécurité dans le sud du Liban aussi longtemps que nécessaire pour pour protéger les localités du nord" d'Israël, déclare M. Netanyahu dans un communiqué. "Israël n'acceptera aucune attaque contre nos soldats ou notre territoire", ajoute-t-il.
Le ministre de la Défense Israël Katz a de son côté prévenu d'une riposte israélienne "avec une force considérable" à toute attaque du Hezbollah, allié de l'Iran.
L'armée israélienne a annoncé vendredi avoir frappé "plus de 80 cibles" et tué "des dizaines" de membres du mouvement islamiste libanais Hezbollah depuis la nuit.
"En riposte aux violations [du cessez-le-feu] répétées et flagrantes du Hezbollah, Tsahal [...] a frappé plus de 80 centres de commandement terroristes, [lanceurs] et autres sites de l'infrastructure terroriste" du mouvement allié de l'Iran, indique un communiqué militaire. "Des dizaines de terroristes du Hezbollah [...] ont été éliminés."
Démentant dans un communiqué "les accusations de l'ennemi sur la violation du cessez-le-feu par le Hezbollah", ce dernier a rejeté la responsabilité sur Israël, affirmant que le pays voisin n'avait "jamais respecté quelque accord de cessez-le-feu que ce soit" depuis fin 2024.
Un total de 25 navires commerciaux ont passé le détroit d'Ormuz jeudi, après un accord permettant sa réouverture la veille, un volume inédit depuis mi-avril, selon des données de la plateforme de suivi maritime AXSMarine publiées vendredi.
Il s'agit du nombre de bateaux le plus élevé en une seule journée depuis le 18 avril, qui avait coïncidé avec une brève fenêtre de réouverture, après l'annonce par l'Iran que le détroit était alors ouvert au trafic commercial sur cette artère stratégique pour le commerce mondial.
Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.
"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.
"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.
"Tout le Liban doit brûler", a déclaré vendredi le ministre de la Sécurité nationale israélien Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite et allié politique clef du Premier ministre Benjamin Netanyahu, après l'annonce de la mort de quatre soldats israéliens.
"Avec tout le respect dû aux Américains, Israël doit signifier clairement au monde entier que le sang de nos fils et la sécurité de nos citoyens ne sont pas à brader. Tout le Liban doit brûler", a-t-il dit dans un communiqué.
L'armée israélienne a annoncé en début de matinée la mort de quatre de ses soldats, tués en opérations dans le sud du Liban, ses premières pertes depuis la signature de l'accord entre Washington et Téhéran censé mener à la fin de la guerre au Proche et au Moyen-Orient, sur tous les fronts, y compris au Liban où s'affrontent Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran.
L'armée israélienne a annoncé vendredi matin la mort de quatre de ses soldats, tués en opérations dans le sud du Liban, ses premières pertes depuis la signature de l'accord entre Washington et Téhéran censé mettre fin à la guerre au Proche et au Moyen-Orient.
"Le lieutenant-colonel Dor Gedalia Ben Simhon est tombé au combat" avec "trois autres soldats" dont les noms seront publiés ultérieurement, indique un communiqué militaire publié après que l'armée a annoncé avoir mené des frappes à travers le sud du Liban contre le Hezbollah "après des violations répétées du cessez-le-feu" par ce mouvement islamiste allié de l'Iran.
Selon National News Agency, l'agence de presse d'État au Liban, au moins 16 personnes sont mortes dans la nuit après des frappes israéliennes dans le sud du pays.
Les négociations prévues vendredi en Suisse entre l'Iran et les États-Unis en vue d'un accord devant mettre fin au conflit au Moyen-Orient ont été reportées sine die, a annoncé le gouvernement suisse, quelques heures après l'annonce de l'annulation du départ du vice-président américain JD Vance pour le pays alpin.
"Les discussions prévues entre les États-Unis, l'Iran, le Qatar et le Pakistan ont été reportées. La Suisse reste disposée à faciliter ces discussions. Les travaux préparatoires correspondants se poursuivent", a annoncé le ministère des Affaires étrangères dans un message transmis à l'AFP, sans fournir de précision sur une prochaine date pour ces pourparlers.
Le vice-président des Etats-Unis JD Vance ne se rendra finalement pas en Suisse jeudi soir pour entamer les pourparlers en vue d'un accord final avec l'Iran, a annoncé la Maison Blanche dans un communiqué, après la signature d'un protocole d'accord entre les deux pays la veille.
"Les plans pour les discussions techniques à venir n'ont pas été finalisés, et la délégation américaine s'est préparée à partir à la première opportunité. Mais la logistique pour ces négociations n'a jamais été simple ni prévisible. Pour le moment, le vice-président ne partira pas ce soir", détaille le communiqué.
JD Vance avait auparavant affirmé que le délai de 60 jours pour l'accord final de paix entre les Etats-Unis et l'Iran courait à partir de jeudi et qu'il pourrait se rendre "ce week-end" en Suisse, mais sans pouvoir le garantir.
Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a avalisé jeudi, tout en faisant part de réserves, le protocole d'accord signé dans la nuit par Washington et Téhéran pour mettre fin au conflit régional, les États-Unis annonçant de leur côté la levée de leur blocus naval contre l'Iran.
Dans sa première réaction à la signature, l'ayatollah a déclaré dans un message écrit avoir approuvé l'accord malgré une "opinion différente", sans plus de détails.
"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné le dirigeant, qui n'a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars.
Malgré l'apaisement, "le combat n'est pas terminé", a déclaré de son côté jeudi Benjamin Netanyahu. Le Premier ministre israélien n'a pas commenté directement l'accord, vivement critiqué en Israël y compris au sein du gouvernement.
"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète", a tancé JD Vance, appelant les contempteurs israéliens des décisions américaines "à prendre conscience de la réalité".
Appelant à préserver la "relation vitale" avec les Etats-Unis, M. Netanyahu n'en a pas moins réaffirmé que les forces israéliennes resteraient dans le sud du Liban "tant que les besoins sécuritaires l'exigeront", alors que le protocole d'accord prévoit la fin des hostilités "sur tous les fronts, y compris au Liban".