Face aux tensions autour du détroit d’Ormuz, les pays du Golfe cherchent à réduire leur dépendance à ce passage stratégique. Des oléoducs et des nouvelles routes commerciales se développent.
Trouver des alternatives pour s’affranchir, au moins partiellement, de leur dépendance au détroit d’Ormuz. C’est désormais l’un des enjeux majeurs pour plusieurs pays du Golfe, alors que les tensions dans la région perturbent les routes traditionnelles du commerce et de l’énergie.
Pour les Émirats arabes unis, cette stratégie passe notamment par la construction d’un nouvel oléoduc. Celui-ci doit traverser le pays d’ouest en est, pour déboucher directement dans le golfe d’Oman. Sa livraison est désormais prévue pour 2027.
"Ils vont doubler en capacité"
Le pays peut déjà compter sur un premier oléoduc de ce type, mais entend désormais renforcer ses capacités. L’Arabie saoudite dispose elle aussi d’une infrastructure similaire. Depuis le début du conflit, Riyad fait transiter une partie de son pétrole vers l’ouest, en direction de la mer Rouge.
Une solution déjà anticipée, comme l’explique Thierry Bros, spécialiste des questions énergétiques. "L’Arabie saoudite avait déjà ce pipeline qu’elle avait imaginée avant le problème du détroit de Ormuz et qui aujourd’hui fonctionne à pleine capacité. Les Émirats arabes unis ont aussi ce pipe. Ils vont doubler en capacité", a déclaré Thierry Bros.
Plus globalement, cette crise du détroit d’Ormuz fait émerger une nouvelle géographie logistique. MSC, premier transporteur mondial de conteneurs, a initié en début de semaine une nouvelle route commerciale reliant les ports européens aux pays du Golfe, sans passer par les zones les plus sensibles, notamment Ormuz et les côtes du Yémen.