Les sauveteurs de l'armée népalaise sont parvenus samedi à percer un tunnel sur un site où sont bloqués sous terre des ouvriers depuis la crue dévastatrice de mercredi, afin d'y injecter de l'air et y faire pénétrer une caméra, selon les autorités.
Selon le gouvernement népalais, plus de cent ouvriers pourraient être encore en vie dans des tunnels de chantiers de barrage hydroélectrique, les secours se concentrant sur les sites Trishuli 3A et 3B.
Ils font partie des plus de 900 agents ou ouvriers travaillant sur ces chantiers et toujours portés disparus trois jours après la catastrophe, selon les autorités népalaises.
Sur le site de Trishuli 3A, les équipes de secours de l'armée ont réussi samedi soir, à l'aide de foreuses, à percer un passage vers la partie supérieure d'un tunnel envahi par la boue.
"Nous avons déjà commencé à acheminer de l'air par cette petite ouverture, et nous allons désormais entamer les travaux d'excavation et envoyer l'équipe de secours à l'intérieur", a déclaré le ministre népalais de l'Intérieur, Sudan Gurung.
Le ministère de l'Énergie a fait état d'un "succès partiel" dans l'opération de forage, ajoutant que "des efforts avaient été entrepris pour tenter d'introduire une caméra et de l'oxygène dans le tunnel".
Le ministre népalais des Affaires étrangères a mis en garde samedi contre la menace croissante du changement climatique dans l'Himalaya, après des inondations dévastatrices ayant fait des centaines de morts.
"Le Népal émet moins de 0,01 % des gaz à effet de serre, mais nous, le peuple népalais, sommes parmi les principales victimes du changement climatique", a critiqué Shisir Khanal. "Nous appelons donc la communauté internationale à s'unir pour préserver l'écosystème himalayen", a-t-il ajouté.
L'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) a indiqué que la catastrophe survenue mercredi près de la frontière de haute altitude entre la Chine et le Népal a été provoquée par l'effondrement d'un glacier, entraînant un torrent de débris en aval.
Le bilan est de près de 3.000 disparus et de 633 morts confirmés. Bien que la cause exacte de l'effondrement ne soit pas clairement établie, le changement climatique entraîne la fonte des glaciers à l'échelle mondiale, augmentant les risques de telles catastrophes.
Les glaciers de l'Himalaya, source d'eau vitale pour près de deux milliards de personnes, fondent plus rapidement sous l'effet du réchauffement climatique, exposant les populations à des catastrophes. La fonte des glaciers peut également déstabiliser les versants montagneux, augmentant les risques de glissements de terrain et d'autres dangers.
Le ministre népalais a ajouté s'être entretenu par téléphone avec son homologue chinois M. Wang Yi et avoir convenu de renforcer le partage de "données hydrologiques en temps réel", selon un communiqué.
Le bilan provisoire de la crue dévastatrice qui a balayé mercredi le nord du Népal, à la frontière de la Chine, a fait 675 morts, a annoncé samedi l'autorité chargé de la gestion des situations d'urgence.
La Chine a pour sa part rapporté un bilan de 7 morts, portant le nombre total de décès à 682 morts, alors que près de 3.000 personnes sont toujours portées disparues dans les deux pays, dont 2.426 du seul côté népalais.
Trois jours après la terrible crue, le bilan grimpe à au moins 633 morts : 626 au Népal selon l'autorité en charge des situations d'urgence, et sept côté chinois. Les secouristes redoublent d'efforts samedi pour rechercher quelque 3.000 disparus et évacuer les rescapés bloqués à la frontière entre le Népal et la Chine.
"Toutes les habitations près de la rivière ont été emportées. Il ne reste plus rien", lâche Buddhi Ram Dangol, un rescapé rencontré par l'AFP côté népalais.
Le désastre, dans cette région prisée des alpinistes et pèlerins, a fait au moins 633 morts à ce stade - -, sans compter sept corps repêchés très loin en aval, en Inde, dont la provenance n'a pas été confirmée.
Le nombre de disparus après la crue dévastatrice de mercredi a été porté à la hausse de 1.924 à 2.426 personnes, dont plus de 500 touristes étrangers, a annoncé samedi l'autorité népalaise en charge des situations d'urgence.
L'autorité a établi à 626 le nombre de morts, en légère hausse par rapport aux 616 recensés précédemment par la police. La Chine a pour sa part rapporté un bilan de 7 morts, portant le bilan provisoire de la catastrophe à 623 morts et près de 2.500 personnes toujours portées disparues.