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Crise migratoire à Ceuta : malgré le retour au calme dans l'enclave, la tempête politique couve en Espagne

Le calme est revenu dans l'enclave espagnole. [© Adri Salido / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP]

Le calme est revenu à Ceuta après l'arrivée de 60.000 migrants venus du Maroc. Si la majorité est repartie, au moins 72 personnes ont perdu la vie. En Espagne, Pedro Sánchez fait face à de vives critiques sur sa politique migratoire, tandis que l'Union européenne prépare une réponse commune.

Après plusieurs jours de chaos, retour (presque) à la normale à Ceuta. Le calme est revenu dans l'enclave espagnole, prise d'assaut en fin de semaine dernière par 60.000 migrants venus du Maroc.

La quasi-totalité des clandestins a depuis rebroussé chemin, mais le bilan est lourd. Au moins 72 personnes sont mortes en tentant de forcer la frontière, selon Madrid. En Espagne, une grande partie de la classe politique met en cause le laxisme du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez en matière migratoire.

Alberto Ferro, le chef des conservateurs, l'accuse d'avoir perdu le contrôle des frontières et de ne pas avoir mobilisé l'armée assez vite. Il dénonce aussi une politique migratoire trop permissive, notamment après la récente régularisation massive, et réclame le renvoi immédiat des migrants arrivant à la nage. 

Le gouvernement est également critiqué par ses alliés. La gauche de Sumar reproche à Madrid son manque de fermeté envers le Maroc, qu'il tient pour responsable de cette crise, tandis que les nationalistes catalans réclament davantage de compétences en matière d'immigration. 

Pedro Sanchez, lui, assure que la situation a été maîtrisée en moins de deux jours et appelle à une approche coordonnée entre l'Union européenne et le Maroc, plutôt qu'à une réponse uniquement nationale.

Cette réponse européenne à la crise migratoire de Ceuta sera au cœur d'une réunion des ministres de l'Intérieur des 27 demain en visioconférence. Il sera notamment question de l'exclusion de Madrid des accords de Schengen réclamés par l'Italie, le Danemark et la Finlande. Rome a d'ailleurs d'ores et déjà suspendu la libre circulation des voyageurs espagnols sur son sol.