Après l’afflux inédit de plus de 50.000 migrants en quelques heures, Ceuta a retrouvé son calme. Tous les arrivants ont été renvoyés vers le Maroc, mais cette crise migratoire laisse derrière elle de nombreuses interrogations, notamment sur l’attitude des autorités marocaines.
Après le chaos, la ville de Ceuta a enfin retrouvé son calme. Plus de 50.000 personnes ont franchi jeudi la frontière de l'enclave espagnole avec le Maroc, du jamais vu. L'onde de choc de cette crise migratoire a secoué toute l'Europe. La petite cité au bord de la Méditerranée s'est depuis vidée de ses migrants. À l'heure actuelle, tous ceux arrivés cette semaine à Ceuta sont donc repartis.
72 noyades
Aussitôt arrivés, aussitôt repartis. Le séjour en Espagne n'aura duré que quelques heures pour les milliers de candidats à l'exil ayant rejoint Ceuta. C'est donc à une nouvelle marche que l'on a assisté ces derniers jours, en sens inverse cette fois, car tous ont été renvoyés vers le Maroc. Des images spectaculaires de ces processions avec 50.000 personnes, des jeunes pour l'essentiel, en tongs, en shorts, certains ayant nagé en mer Méditerranée au péril de leur vie.
Un dernier bilan fait état de 72 noyades, selon les autorités de Ceuta, près du double selon des ONG marocaines. Face à cela, les réactions officielles sont nombreuses côté espagnol. La dernière en date est celle du roi Felipe VI, samedi, qui s'est dit indigné et inquiet, tout en apportant son soutien aux habitants de Ceuta.
Une passivité des forces de l'ordre marocaines ?
Côté marocain, en revanche, c'est le silence. Ni le roi Mohamed VI, ni le gouvernement n'ont pris la parole. Mais un fait commence à interroger. Tous les jeunes qui ont tenté de rejoindre l'Espagne sont passés à quelques kilomètres, parfois à seulement quelques centaines de mètres, de l'endroit où le roi célébrait ses 27 ans de règne.
Tous les ministres du Maroc étaient sur place, ainsi que tous les généraux et des ambassadeurs de pays étrangers. Autant dire que la zone était quadrillée, parfaitement sécurisée. Alors, y a-t-il eu passivité ou tolérance des forces de l'ordre marocaines ? C'est l'interrogation qui domine à présent dans la presse espagnole et sur les réseaux sociaux.