Quelques centaines de manifestants anti-migrants se sont rassemblés vendredi soir devant l'ambassade du Maroc à Madrid pour dénoncer l'arrivée massive de migrants à Ceuta. Entre slogans hostiles à l'immigration et appels à défendre l'identité espagnole, le rassemblement s'est déroulé sous haute surveillance policière.
Plusieurs centaines de manifestants anti-migrants se sont rassemblés vendredi soir devant l'ambassade du Maroc à Madrid pour dénoncer "l'invasion" migratoire en cours dans l'enclave espagnole de Ceuta, frontalière du Maroc.
Quelque 60.000 migrants ont pénétré illégalement ces derniers jours à Ceuta selon les autorités locales, ce que le Premier ministre Pedro Sanchez a qualifié d'"attaque" contre son intégrité territoriale.
"La quasi-totalité d'entre eux" sont déjà rentrés au Maroc, a assuré dans la soirée le gouvernement espagnol.
"L'Espagne, chrétienne et pas musulmane !"
"L'Espagne, chrétienne et pas musulmane !" et "Unité nationale !" ont scandé les manifestants à Madrid, pour beaucoup vêtus entièrement de noir, a constaté sur place un journaliste de l'AFP.
Devant le cortège, certains ont affiché une grande banderole "Remigration", un concept promu par de nombreuses formations d'extrême droite en Europe.
D'autres ont brandi des drapeaux rouge et jaune de l'Espagne, tandis que des voix se sont élevées pour "défendre l'identité espagnole". Plusieurs manifestants ont tendu le bras, certains à visage découvert.
"Une crise hors de contrôle"
Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, dont le gouvernement défend une approche ouverte en matière migratoire, à contre-courant de nombreux autres pays européens, a de son côté été visé par des insultes, accusé par la foule de "vendre" l'Espagne "aux musulmans" dans "une crise hors de contrôle".
Autour des manifestants, un important dispositif policier avait été mis en place devant l'ambassade du Maroc, avec notamment un hélicoptère et un drone de surveillance dans le ciel.
La manifestation, entamée à 20h30 locales (18h30 GMT), s'est dispersée dans le calme une heure plus tard.