La Banque centrale du Paraguay a commencé à reverser leurs fonds, sous forme d'avances, à des épargnants victimes de la crise bancaire, à l'origine d'une crise politique qui a abouti au procès en destitution du président Santiago Peña, a-t-on appris vendredi de source bancaire.
"Le processus de versements d'avances de garantie aux déposants de Ueno bank a commencé jeudi", a déclaré vendredi à l'AFP José Maciel, directeur administratif du Fonds de garantie des dépôts de la Banque centrale du Paraguay (BCP).
Les premiers décaissements, selon le responsable, portent sur des déposants qui avaient dans la banque numérique Ueno, à l'origine de la crise, "des dépôts compris entre 1 et 10 millions de guaranies" (160 USD à 1.600 USD).
"Les groupes suivants seront annoncés progressivement"
La Banque centrale, a-t-il expliqué, a "réparti des groupes de déposants de Ueno Bank vers d'autres banques et entités financières où ils avaient déjà des comptes actifs", et le montant correspondant est crédité sur ces comptes. Il n'a pas précisé combien d'épargnants lésés avaient perçu des avances à la date de vendredi, ni le montant global concerné, mais indiqué que "les groupes suivants seront annoncés progressivement" au fur et à mesure des décaissements.
Lors du procès en destitution de Santiago Peña devant le Sénat vendredi, son avocat a estimé que 700.000 avaient, à la date de vendredi après-midi, reçu de premiers décaissements, sans plus de détails. Dès mercredi, au lendemain de l'éclatement de la crise, le Parlement a adopté une loi expresse prévoyant de premiers versements, à des épargnants lésés, d'avances qui pourront atteindre jusqu'à l'équivalent de "40 salaires mensuels minimum".
La crise bancaire qui a éclaté mardi avec la mise sous tutelle de Ueno Bank a gelé les dépôts de près de 3 millions de personnes, le nombre de clients que revendiquait Ueno, soit près de la moitié de la population du Paraguay. Des entreprises et des institutions ont aussi été affectées.
Le Sénat paraguayen a entamé vendredi le procès en destitution de Santiago Peña, président depuis 2023. Il avait présenté jeudi sa démission, mais le Parlement ne l'a pas acceptée, rendant inévitable son procès en destitution, mené par le Sénat. La crise a engendré depuis mardi plusieurs manifestations hostiles au président Peña, réclamant non seulement son départ, mais aussi son incarcération.
Vendredi encore, quelque 250 manifestants étaient réunis, assis sur une pelouse attenante au Parlement pendant que s'y déroulait le procès en destitution de Santiago Peña, munis de pancartes réclamant "Peña en prison".