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Comment le Japon parvient à moins dépenser que la France pour ses retraites malgré plus de 100.000 centenaires ?

Le Japon ne fait donc pas disparaître le coût du vieillissement mais il le répartit différemment. [Pexels ]

Avec plus de 107.000 centenaires, le Japon est confronté à un vieillissement démographique sans précédent. Pourtant, le pays dépense moins pour ses retraites que la France. Pensions moins généreuses, maintien des seniors dans l’emploi...Comment le Japon gère les retraites alors que le pays compte plus de 100.000 centenaires ?

Le Japon vient de franchir un seuil historique. Le pays compte désormais 107.677 personnes âgées de 100 ans ou plus, selon les chiffres du ministère japonais de la Santé dévoilés le 15 septembre. En France, on compte environ 37.000 centenaires. Et cette population est très majoritairement féminine puisque près de 88 % des centenaires japonais sont des femmes.

Cette longévité est une réussite sanitaire, mais aussi un défi économique majeur. Près de 30 % de la population japonaise a désormais 65 ans ou plus, contre environ 22 % en France.

Des retraites moins généreuses qu'en France

Face à ce vieillissement, le Japon a fait un choix différent de la France. Ses dépenses publiques de retraite représentent environ 9,1% du PIB, contre 13,9 % pour l’ensemble des dépenses de retraite en France en 2024.

La principale explication tient notamment au niveau des pensions. Pour un salarié ayant effectué une carrière complète au salaire moyen, le taux de remplacement net est estimé à 42,4 % au Japon, contre 70 % en France. Les pensions japonaises sont donc relativement moins généreuses.

Le système dispose de ce qu'on appelle une "indexation macroéconomique", qui permet de ralentir la progression des pensions lorsque le nombre de cotisants diminue ou que l’espérance de vie augmente. Le Japon dispose par ailleurs d’importantes réserves financières. Les actifs accumulés par ses régimes publics de retraite représentent environ 54 % du PIB.

Travailler plus longtemps pour compenser

Le Japon ne compte toutefois pas uniquement sur les économies réalisées sur les pensions. Il cherche aussi à maintenir davantage de personnes en activité. En 2025, environ 9,3 millions de Japonais de 65 ans ou plus travaillaient encore, un record après 21 années consécutives de hausse. Plus d’un Japonais sur deux âgé de 65 à 69 ans occupe encore un emploi.

Le système encourage également les départs tardifs. La pension peut être demandée dès 60 ans, avec une réduction, mais son versement peut être repoussé jusqu’à 75 ans. Chaque année de report augmente alors son montant de 8,4 %.

Le Japon tente aussi de compenser la diminution de sa population active en mobilisant davantage les femmes. Leur taux d’emploi chez les 15-64 ans est passé d’environ 60 % au début des années 2010 à plus de 74 % aujourd’hui.

Le Japon ne fait donc pas disparaître le coût du vieillissement mais il le répartit différemment, entre les pensions, le travail et les réserves financières. Reste à savoir jusqu’où ce modèle pourra aller alors que le pays continue de perdre des habitants en âge de travailler et s'il est possible pour la France de suivre le modèle du Japon, alors que la question des retraites est au coeur des discussions, de la gauche à la droite, et à quelques mois de la présidentielle