Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

«C'est une folie» : le ras-le-bol de milliers d'Espagnols face à la gestion de la crise migratoire à Ceuta

Francesco Militello Mirto / NurPhoto / NurPhoto via AFP [Francesco Militello Mirto / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Au lendemain d'une immense manifestation populaire contre la gestion, par Madrid, de la crise migratoire à Ceuta, le gouvernement espagnol a tenté de reprendre la main ce jeudi 3 septembre. Mais la position de Pedro Sánchez irrite de plus en plus la population, ainsi que l'ensemble de la classe politique, dans un contexte national particulièrement tendu.

La colère gronde en Espagne. Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés ce mercredi dans plusieurs villes du pays pour protester contre la gestion par Madrid de la crise migratoire qui a touché l'enclave en juillet dernier. 

Devant les députés jeudi 3 septembre, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a une nouvelle fois nié la responsabilité du Maroc et s'est attiré les foudres de la classe politique. 

"Un problème de manque de volonté publique"

Pour de nombreux Espagnols, la régularisation d'un demi-million de clandestins sans condition est une grave erreur. "C'est une folie. On prend 500.000 personnes, on les met dans le même sac et ça y est, tout le monde a les mêmes droits", explique cette coiffeuse d'un cinquantaine d'années au micro d'Europe 1. 

La régularisation massive fait craindre à beaucoup une augmentation des arrivées comme à Marie-Carmen, étudiante : "Cette mesure est un peu dangereuse. Ça crée un appel d'air. Vivre en Espagne est un privilège. Si on ne contrôle pas qui vient, c'est un peu dangereux." 

La crise de Ceuta a été la goutte de trop pour beaucoup, comme pour Jaime, maçon d'une soixantaine d'années. Il réclame la démission du gouvernement : "C'est un problème de manque de volonté publique. Nous avons un gouvernement qui est en décomposition et qui n'a pas le courage de faire ce qu'il devrait faire. Si on t'envahit, il faut les expulser et se défendre. On envoie l'armée et on les renvoie tous." 

Pedro Sánchez a pour l'instant indiqué qu'il n'allait pas démissionner. Son mandat s'achèvera au plus tard l'été prochain.