Cesare Battisti, réclamé par Rome, placé en préventive au Brésil

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Jeudi, Battisti a été présenté à un juge, au lendemain de son interpellation. © FABIO MARCHI / AFP
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avec AFP
Celui dont l'Italie réclame l'extradition pourrait être transféré vendredi dans une autre prison du pays.

Un juge brésilien a placé jeudi en détention provisoire Cesare Battisti, militant italien d'extrême gauche condamné dans son pays à perpétuité pour meurtres, un nouvel épisode du feuilleton diplomatico-judiciaire avec Rome qui réclame son extradition depuis 25 ans.

Interpellé mercredi. Cesare Battisti avait été interpellé mercredi lors d'un contrôle de routine dans la ville brésilienne de Corumba, à la frontière bolivienne, transportant une somme de devises supérieure au montant autorisé sans déclaration préalable (environ 2.700 euros) alors qu'il s'apprêtait à quitter le Brésil dans un taxi bolivien.

Transféré vendredi ? Jeudi, le juge devant lequel il a été présenté a décidé de le placer en détention provisoire, a annoncé une source judiciaire dans l'Etat de Mato Grosso do Sul. M. Battisti, 62 ans, pourrait être à partir de vendredi transféré dans une autre prison du pays.

Bientôt en Italie ? "Aujourd'hui nous travaillons avec l'ambassadeur (italien au Brésil Antonio) Bernardini pour ramener Battisti en Italie et le remettre à la justice. Nous continuons à travailler avec les autorités brésiliennes", a déclaré jeudi le ministre italien des Affaires étrangères Angelino Alfano. Une réaction italienne qui succède à une longue série de demandes d'extradition de Cesare Battisti, symbole des "années de plomb", condamné en 1993 par contumace en Italie à la perpétuité pour "deux homicides aggravés" en 1978 et en 1979 et pour complicité de meurtres. 

 

Il se dit "innocent". Ancien responsable du mouvement des "Prolétaires armés pour le communisme" (PAC), celui qui s'est toujours dit innocent des crimes dont on l'accuse, tout en portant "un regard critique sur son passé sans se repentir", a connu une vie de cavale, entrecoupée de séjours en prison. "Prétendre changer la société avec des armes, c'est une connerie. Mais enfin ! A l'époque, tout le monde avait des flingues ! Il y avait des guérilleros dans le monde entier. L'Italie vivait une situation pré-révolutionnaire", assurait-il en 2011, dans une de ses rares interviews accordées à la presse.