Carlos Ghosn assure avoir organisé "seul" sa fuite du Japon au Liban

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Carlos Ghosn a fui le Japon, où il est accusé de malversations financières, pour le Liban.
Carlos Ghosn a fui le Japon, où il est accusé de malversations financières, pour le Liban. © HANDOUT / REPRESENTATIVES FOR CARLOS GHOSN / AFP
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L'ancien patron de Renault s'est exprimé jeudi dans un communiqué transmis aux médias, quelques jours après sa rocambolesque fuite du Japon. Il assure avoir organisé "seul" son évasion pour le Liban, sans l'aide de sa famille. 

Carlos Ghosn a affirmé jeudi avoir organisé "seul" sa fuite du Japon, où il est poursuivi pour des malversations financières, vers le Liban, niant toute implication de sa famille. "Les allégations dans les médias selon lesquelles mon épouse Carole et d'autres membres de ma famille auraient joué un rôle dans mon départ du Japon sont fausses et mensongères. C'est moi seul qui ai organisé mon départ. Ma famille n'a joué aucun rôle", explique l'ex-patron de Renault-Nissan, dans un court communiqué reçu par plusieurs médias, dont Europe 1. 

Carlos Ghosn est arrivé lundi au Liban, pays dont il a la nationalité, mais son lieu de résidence reste inconnu.

Les circonstances de sa fuite restent floues 

L'ancien patron de Renault est accusé de malversations financières par la justice japonaise et était assigné à résidence après 130 jours en prison. Les conditions sa fuite restent floues. Des perquisitions ont été menées à Tokyo et sept personnes arrêtées en Turquie, soupçonnées d'avoir aidé Carlos Ghosn lors d'un transit par Istanbul.

Selon une source à la présidence libanaise, le patron déchu est entré dans le pays, en provenance de Turquie, avec un passeport français et sa carte d'identité libanaise. En outre, pour sa fuite, Carlos Ghosn est soupçonné d'avoir emprunté un jet privé parti de l'aéroport du Kansai, près d'Osaka. Arrivé lundi à Beyrouth, en passant d'abord par Istanbul, il est entré au Liban avec un passeport français, selon des documents des autorités aéroportuaires. Des enquêtes ont été ouvertes au Japon et en Turquie sur les circonstances de sa fuite.

Le Liban divisé sur son cas

L'ancien patron de Renault fait l'objet de quatre inculpations au Japon : deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan, et deux autres pour abus de confiance aggravé. Arrêté en novembre 2018, le magnat a toujours nié toutes ces accusations, assurant avoir fui un "système judiciaire japonais partial". 

Certains Libanais voient en lui un symbole de réussite au sein de l'importante diaspora libanaise. Mais son retour au Liban, théâtre d'un vaste mouvement de contestation depuis octobre contre une classe politique jugée corrompue, est perçu par les protestataires comme la démonstration de l'impunité et des privilèges dont jouissent les plus riches.