Carlos Ghosn : le tribunal approuve sa demande de libération, caution de 4 millions d'euros

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Carlos Ghosn avait déjà dû payer 8 millions d'euros pour obtenir une première remise en liberté conditionnelle.
Carlos Ghosn avait déjà dû payer 8 millions d'euros pour obtenir une première remise en liberté conditionnelle. © ERIC PIERMONT / AFP
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Carlos Ghosn devrait sortir de prison dans les prochaines heures, jeudi, alors que l'appel du parquet a été rejeté, mais il n'aura le droit de voir sa femme que s'il en obtient l'autorisation.

Le tribunal de Tokyo a annoncé jeudi avoir approuvé la libération sous caution de Carlos Ghosn, qui était retourné en prison début avril après une ré-arrestation surprise. Le bureau des procureurs de Tokyo a aussitôt fait appel de cette décision, mais ce recours a été rejeté. Le magnat de l'automobile déchu pourra retrouver la liberté d'ici quelques heures.

Une caution de 4 millions d'euros

La caution requise à sa libération, de 500 millions de yens (4 millions d'euros), a déjà été versée. Carlos Ghosn s'était déjà acquitté d'une importante somme - un milliard de yens - pour obtenir le droit de quitter le 6 mars la prison, où il avait passé 108 jours dans la foulée de son interpellation initiale le 19 novembre pour des malversations financières présumées. L'ex-PDG de Renault-Nissan était alors apparu déguisé, portant une casquette bleue, un uniforme d'ouvrier de voirie, des lunettes et un masque de protection blanc, un accoutrement qui avait fait de lui la risée des médias alors même qu'il visait à tromper les journalistes massés devant la prison. L'avocat à l'origine de ce scénario avait dû s'excuser ensuite pour cet "échec" ternissant la réputation de son illustre client. Cette fois, Carlos Ghosn devrait sortir dans des conditions moins rocambolesques.

Des conditions strictes

L'ancien grand patron sera ensuite soumis à de strictes conditions : "assignation à résidence, interdiction de quitter le Japon et autres conditions visant à empêcher destruction de preuves et fuite", a précisé le tribunal. Surtout, il n'aura le droit de voir son épouse qu'"à condition que le tribunal approuve une requête" en ce sens, a expliqué son avocat, Me Junichiro Hironaka, à la presse. Carole Ghosn, dans le viseur des procureurs pour son rôle supposé dans un des volets de l'affaire, est en outre soupçonnée par le parquet d'avoir contacté des protagonistes du dossier.

Lors de sa précédente remise en liberté, Carlos Ghosn avait pu retrouver sa famille dans un appartement de location à Tokyo, enregistré auprès du tribunal et dont il n'avait pas le droit de s'absenter plus de trois jours. Il retournera dans le même logement, selon Me Hironaka. Si un nouveau rebondissement n'est pas à exclure dans cette affaire hors normes, qui a vu la chute d'un des plus puissants PDG de la planète au moment où il s'apprêtait à tirer sa révérence, la dernière mise en examen de Carlos Ghosn semble clore les investigations du parquet.