Bouteflika lâché par l'armée algérienne : "Il ne faut pas que le peuple s'arrête"

  • A
  • A
Les étudiants algériens continuent de manifester malgré l'annonce du chef d'état-major de l'armée.
Les étudiants algériens continuent de manifester malgré l'annonce du chef d'état-major de l'armée. © AFP
Partagez sur :
La décision du chef d'état-major de l'armée d'engager une procédure pour déclarer Abdelaziz Bouteflika inapte réjouit les Algériens, qui restent très prudents sur la suite.
REPORTAGE

Combien de temps Abdelaziz Bouteflika va-t-il encore rester président de l'Algérie ? Mardi, l'armée a ouvert la voie à son départ, avec l'engagement par le chef d'état-major d'une procédure pour le déclarer inapte à exercer le pouvoir en vertu de la Constitution.

Méfiance sur l'article 102

Pour justifier cette décision prise à l'encontre du président, très affaibli depuis un AVC en 2013, le général Ahmed Gaïd Salah a fait référence à l'article 102 applicable "pour cause de maladie grave et durable". Une annonce surprise de l'armée qui n’a pourtant pas conquis les foules en Algérie, même si les manifestants reconnaissent que c’est un net progrès.

>> De 5h à 7h, c’est "Debout les copains" avec Matthieu Noël sur Europe 1. Retrouvez le replay de l'émission ici

Dans la capitale Alger, de timides coups de klaxons ont accueilli la nouvelle dans les rues. "On espère du fond du coeur que c'est sincère ce qu'ils sont en train de faire, les militaires", confie un habitant. "C'est un bon début. Après, il faut que les promesses soient tenues, que ça ne soit pas des paroles en l'air juste pour calmer le peuple et avoir deux fois 45 jours de répit", période de vacance du pouvoir qui serait observée si la procédure d'empêchement était acceptée par le Conseil constitutionnel, via l'article 102, et menée jusqu'à son terme. Des élections présidentielles pourraient alors se tenir au début de l'été.

Des énigmes qui demeurent

Pour les Algériens, pas question toutefois d'abandonner les mobilisations et de ne pas manifester vendredi, pour la sixième semaine consécutive. "C'est une bonne chose, mais en même temps, ça cache beaucoup d'énigmes : on lâche le président, d'accord, mais qu'est-ce qu'il y a après ?", résume un habitant. "Il ne faut pas que le peuple s'arrête, se dise que c'est une victoire et qu'on est gagnant sur tout les points, alors que c'est faux."

"Ce qu'on veut, c'est que Bouteflika sorte et on dirait que c'est ce qui est en train de se passer. On espère qu'on n'a pas fait tout ça pour rien", dit un autre, qui reste déterminé : "Je reviendrai chaque journée jusqu'à ce que toute son équipe sorte. Parce que si lui sort mais que son équipe reste, ça ne sert à rien."