Boris Johnson "a toujours préféré le bon mot à l'étude sérieuse d'un problème"

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Boris Johnson a été désigné mardi par les militants du Parti conservateur britannique pour succéder à la Première ministre Theresa May. Pour Jon Henley, c'est grâce à ses "bons mots" qu'il a réussi à se hisser au sommet du pouvoir.
INTERVIEW

Certains le qualifient de Donald Trump britannique. Le champion des pro-Brexit Boris Johnson a été désigné mardi par les militants du Parti conservateur britannique pour succéder à la Première ministre Theresa May. L'ex-maire de Londres et ex-ministre des Affaires étrangères, qui a suscité quantité de controverses ces trente dernières années, prendra officiellement ses fonctions mercredi.

"Il a toujours fait le minimum"

Pour Jon Henley, correspondant du Guardian en France, interrogé mardi au micro de François Clauss sur Europe 1, il est trop tôt pour dire si "BoJo" sera crédible ou non en tant que Premier ministre dans un Royaume-Uni déboussolé par les atermoiements sur le Brexit.

"Il est sans doute brillant, c'est quelqu'un de très intelligent mais il n'a jamais eu besoin de faire des grands efforts. Il a toujours fait le minimum", souligne le journaliste. "Ses bulletins scolaires quand il était au collège d'Eton, l'école la plus prestigieuse du pays, étaient remplis de commentaires affirmant qu'il pouvait vraiment faire mieux. Il a toujours préféré faire le clown, trouver le bon mot, l'aspect bouffon. Et jusque là tout ça a marché pour lui. Même en tant que maire de Londres les blagues ont marché", reconnaît Jon Henley.

C'est d'ailleurs grâce à ses "bons mots" qu'il distillait dans ses articles lorsqu'il était correspondant à Bruxelles pour le journal de centre droit Daily telegraph entre 1989 et 1994, que Boris Johnson s'est fait une place chez les conservateurs. Il a inventé une nouvelle façon de faire de la politique.

Plusieurs grands défis l'attendent

"Aujourd'hui, il est toujours chroniqueur du Daily Telegraph. Or dans la presse britannique, le job du chroniqueur c'est de trouver des solutions, des arguments simples aux problèmes complexes, et non de reconnaître les difficultés, les complexités, surtout pas de chercher le consensus", pointe le correspondant du Guardian. "C'est tout à fait le style de Johnson, préférer le bon mot, la blague, l'exhortation et la rhétorique à l'étude vraiment sérieuse d'un problème."

Plusieurs défis de taille attendent pourtant l'ancien maire de Londres : mettre en oeuvre le Brexit, sans exacerber les profondes divisions sur la question, devenue le centre de gravité de la société britannique et gérer l'escalade des tensions avec Téhéran, au plus haut après l'arraisonnement vendredi par l'Iran d'un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d'Ormuz.