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Argentine : Cristina Kirchner attendue à son procès pour corruption

Cristina Kirchner [Emiliano Lasalvia / AFP]

Cristina Kirchner, présidente de l'Argentine entre 2007 et 2015, doit être entendue mardi au procès-marathon où elle est jugée, avec 86 autres prévenus, pour pots-de-vins présumés entre entreprises et politiciens dans les années 2000.

L'ex-présidente argentine Cristina Kirchner (2007-2015) doit être entendue mardi au procès-marathon où elle est jugée, avec 86 autres prévenus, pour pots-de-vins présumés entre entreprises et politiciens dans les années 2000.

Une sortie du domicile à titre exceptionnel

C'est la première déposition au procès, entamé en novembre, de Cristina Kirchner, 73 ans, qui à titre exceptionnel sortira de son domicile. Elle y purge depuis juin, sous bracelet électronique, une peine de six ans de prison après sa condamnation dans une affaire distincte de fraude aux marchés publics.

Le procès, ont rappelé les services du procureur en confirmant la convocation de Mme Kirchner, porte sur "une association illicite qui, entre 2003 et 2015, a recueilli de l'argent auprès de diverses entreprises de la construction, de l'énergie et des transports, en échange de faveurs dans l'attribution de contrats publics".

plusieurs demandes en nullité rejetées

A la reprise du procès, après la trêve judiciaire de l'été austral, le tribunal a rejeté plusieurs demandes en nullité présentées par des prévenus, y compris la défense de Cristina Kirchner. Selon l'accusation, l'ex-présidente péroniste (centre gauche) était "la principale destinataire" d'un système né sous la présidence de son mari, et continué sous la sienne: "Celle qui prenait possession finale de la majorité de l'argent remis par les privés" via des intermédiaires.

La défense a pour sa part remis en cause les témoignages de chefs d'entreprise qui ont déposé en tant que "repentis". Et elle a invoqué une manipulation des cahiers, à l'origine de l'affaire, dans lesquels un chauffeur consignait les va-et-vient présumés de sommes d'argent. Un autre des principaux accusés, l'ex-ministre de la Planification fédérale Julio de Vido, doit être entendu mardi, lors du procès qui s'est surtout tenu en visioconférence, faute d'espace.

Jusqu'à dix ans de prison encourus

L'ex-cheffe de l'Etat encourt jusqu'à dix ans de prison, mais si elle est reconnue coupable, elle pourrait demander à purger sa peine à domicile, comme elle le fait déjà. Fin décembre, elle avait pu sortir, moyennant autorisation judiciaire, pour une opération de l'appendicite qui l'avait vue hospitalisée deux semaines. Le procès, décrit par l'accusation comme la "plus vaste enquête jamais réalisée sur des faits de corruption" en Argentine, devrait s'étendre au-delà de 2026.

Inéligible, passée au second plan, mais toujours influente au sein de l'opposition au président ultralibéral Javier Milei, Cristina Kirchner n'en reste pas moins une de ses cibles préférées. Lors de son récent discours du l'Etat de la nation, il a scandé "Cristina sous bracelet !" avec ses députés alliés, et assuré qu'elle "restera prisonnière".