Les syndicats ferroviaires espagnols et le gouvernement ont annoncé lundi un accord majeur pour renforcer la sécurité et la maintenance du réseau, mettant fin à la grève déclenchée après deux accidents meurtriers en janvier. Les perturbations devraient cesser dès mardi.
Les syndicats ferroviaires et le gouvernement espagnol ont trouvé lundi un accord destiné à améliorer la maintenance et la sécurité du réseau, après une journée de grève largement suivie. L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion à Madrid entre les organisations syndicales et le ministère des Transports.
“L’accord est historique. Nous avons atteint une étape majeure en matière de sécurité ferroviaire”, a déclaré à l’AFP un porte-parole du syndicat Semaf. Il évoque des engagements concernant “des mesures et des réglementations”, mais aussi des “investissements dans la maintenance des infrastructures” et les “effectifs nécessaires pour le mettre en œuvre”.
Retour progressif à la normale
L’appel à la grève, prévu initialement jusqu’à mercredi, a été levé dans la foulée, ce qui devrait permettre un retour progressif à la normale après les retards et annulations de lundi. La colère des cheminots avait explosé après deux accidents mortels mi‑janvier. Le 18 janvier, une collision entre deux trains à grande vitesse à Adamuz avait causé la mort de 46 personnes. Deux jours plus tard, un déraillement à Gelida, en Catalogne, avait fait un mort et plusieurs blessés, perturbant le trafic régional autour de Barcelone, utilisé par 400 000 voyageurs quotidiens.
“Ça fait longtemps qu’on avertit de cette situation (…) et malheureusement, ces accidents font qu’on nous écoute davantage”, a expliqué Pau Mercè, du syndicat CCOO, lors d’une manifestation à la gare de Sants. Arturo Vega (CSIF) a rappelé la pression croissante sur le réseau : “Il y a dix ans, nous transportions environ dix millions de voyageurs. Aujourd’hui, nous sommes entre 22 et 23 millions.”
De fortes tensions dans la matinée
Comme c’est l’usage en Espagne, un service minimum de 75 % en heure de pointe et 50 % le reste du temps avait été imposé. Cela n’a pas empêché de fortes tensions dans la matinée, notamment à Atocha, où des voyageurs excédés ont dénoncé un service minimum “pas respecté”. D’autres, comme l’Américaine Victoria Bulgier, ont exprimé leur compréhension : “Ils ne devraient pas travailler dans des conditions qui les mettent en danger.”
À Barcelone, la gare de Sants était inhabituellement calme. “Au final, beaucoup de gens se retrouvent en carafe”, a résumé Israel Fernández, aide‑soignant, tout en soutenant les revendications. Le rapport final sur l’accident d’Adamuz n’est pas attendu avant plusieurs mois. Les enquêteurs travaillent notamment sur l’hypothèse d’une “rupture” d’un rail juste avant la collision.