Libye : cafouillages autour de l’avion français

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avec Catherine Boullay , modifié à
L’opération humanitaire à Benghazi s’annonce plus délicate que prévue.

Deux avions français transportant des médecins et du matériel médical ont décollé dans la nuit de lundi à mardi, direction l'Egypte avant de rejoindre par la route Benghazi, la deuxième ville de Libye. A leur bord, du matériel médical, une douzaine d'infirmières, trois médecins et huit pompiers.

Le voyage plus long que prévu

Annoncé officiellement lundi matin par le Premier ministre François Fillon, l’opération humanitaire de la France à Benghazi s’annonce plus délicate que prévue. Le voyage s'annonce long et difficile, car il est évidemment impossible pour l’équipage d’atterrir à Tripoli, la capitale libyenne, encore aux mains des hommes du colonel Kadhafi.

Quant à l’aéroport de Benghazi, ce sont les opposants eux-mêmes qui empêchent les atterrissages en posant des obstacles sur les pistes pour bloquer l’arrivée de mercenaires. Une seule solution, donc, pour rejoindre la Libye, transporter le matériel et le personnel par camion d’Alexandrie à Benghazi. Un voyage qui devrait prendre une journée entière, selon le coordonateur de l’opération humanitaire.

Le Benghazi Medical Center fonctionne au ralenti

Une fois arrivés à Benghazi, médecins, pompiers et infirmières iront au Benghazi Medical Center, un hôpital ouvert par la France en septembre 2009 après la libération des infirmières bulgares. Un hôpital qui fonctionne au ralenti depuis une semaine après l’évacuation et le licenciement de l’essentiel du personnel français.

Lundi matin, François Fillon a présenté cette opération comme "le début d'une opération massive de soutien humanitaire aux populations des territoires libérés". Les équipes médicales, attendent, de leur côté, que cet avion humanitaire ne soit pas le symbole d'un coup de communication mais l'occasion d'un véritable retour des équipes médicales françaises au Benghazi Medical Center.