Detroit soulagé de pouvoir faire faillite

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avec AFP , modifié à
SAUVETAGE - L’ancien fleuron de l'industrie automobile va pouvoir commencer à renégocier sa faramineuse dette à l'abri de ses créanciers.

L’info. La ville américaine de Detroit a obtenu mardi le feu vert judiciaire pour se placer en faillite et commencer à renégocier sa faramineuse dette à l'abri de ses créanciers. Elle doit présenter un plan de réorganisation financière d'ici au 1er mars.

La plus grande mise en faillite. Grevée par 18 milliards de dette et une chute de ses recettes fiscales, l'ancien fleuron de l'industrie automobile avait requis cette protection judiciaire le 18 juillet, marquant la plus grande mise en faillite d'une municipalité américaine.

Berceau des "Big Three" (Ford, Chrysler, General Motors), Detroit a été frappée de plein fouet par le déclin du secteur et a vu sa population se réduire de moitié en soixante ans sur fond de déliquescence des services publics et de flambée de la criminalité.

maison abandonnée à Detroit

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Après des semaines de délibérations, le juge Steven Rhodes a estimé que Detroit était en droit de se placer sous la protection du "Chapitre 9", le régime des faillites réservé aux municipalités qui lui permettra notamment de suspendre le remboursement de sa dette et de la restructurer.

Les créanciers feront appel. Certains créanciers, notamment des fonds de retraite auxquels "Motor City" doit 9 milliards de dollars, s'étaient toutefois opposés à cette procédure craignant qu'elle ne conduise à une coupe dans les retraites versées par la ville. Et ils ont annoncé qu’ils feraient appel de la décision.

Le juge explique sa décision. Fait inhabituel, le juge a pris soin d'expliquer sa décision avant même d'en révéler la teneur, assurant devant une salle d'audience bondée que la faillite de Detroit était "une solution courue d'avance" et qu'elle aurait dû avoir lieu il y a plusieurs années. "La ville n'a plus les moyens nécessaires (...) pour fournir les services de base à ses citoyens", a-t-il dit, selon ses déclarations parues dans les médias locaux.

"Pour enrayer ce déclin, attirer de nouveaux habitants, se revitaliser et se renforcer, Detroit a besoin d'aide", a encore déclaré le magistrat, admettant que les retraites dues par la ville à ses anciens employés pourraient in fine être abaissées.

Les employés municipaux sur le qui-vive. Le cas de Detroit est surveillé de près par les employés municipaux à travers le pays qui redoutent de voir leurs retraites sabrées en raison des difficultés financières rencontrées par leur ville. La mise en faillite, qui pourrait pousser l'institut des Arts de Detroit à fermer ses portes, risque par ailleurs de compliquer la tâche des municipalités américaines qui ont besoin d'emprunter auprès des marchés pour se financer.

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