Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

«Ça devient ingérable» : pourquoi les propriétaires fuient massivement le marché de la location

[Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

C’est un signal d'alarme pour le logement en France. Selon le dernier rapport Foncia, l'offre de biens à louer a dégringolé de 7% en seulement un an. Entre pression fiscale, normes énergétiques et insécurité juridique, de nombreux bailleurs décident de vendre.

Le constat est sans appel : dans les grandes villes, et particulièrement à Paris, le stock de logements disponibles fond à vue d'œil. Pour les propriétaires, le placement "pierre", autrefois considéré comme une valeur refuge, est devenu un parcours du combattant. Un désengagement qui s'explique par une accumulation de contraintes que beaucoup ne peuvent plus supporter.

Taxe foncière et passoire thermique : le "coup de massue"

Pour Julien, propriétaire d'un 30 m² dans la capitale, l'équilibre financier a fini par rompre. Après avoir subi une envolée de 15 % de sa taxe foncière en trois ans, il fait désormais face au couperet du diagnostic de performance énergétique (DPE). Son appartement, classé "passoire thermique", nécessite des travaux d'envergure pour rester sur le marché.

"Aujourd’hui, cette somme de choses fait que cet appartement n’est plus un bon placement", confie-t-il. "Le dispositif légal et fiscal qui s’écrase sur les propriétaires est trop important. Je souhaite mettre un terme à cette situation." Comme lui, ils sont des milliers à vouloir réinvestir leur argent ailleurs, loin des contraintes de la location.

Squats et impayés : le point de non-retour

Si la fiscalité pèse lourd, c'est parfois la gestion quotidienne qui pousse au renoncement. À Tarbes, Gérard possédait un immeuble depuis plus de trente ans. Mais face aux impayés récurrents et aux dégradations, il a jeté l'éponge. Une décision radicale qui n'a pas suffi à le protéger des squatteurs.

"À partir du moment où j'ai vidé mon immeuble, j'ai eu un problème de squat. On a trouvé trois appartements avec des portes fracturées. On ne s'en sort plus, ça devient ingérable", déplore-t-il. Pour ce propriétaire historique, la coupe est pleine. Une fois son immeuble vendu, il ne veut plus entendre parler d'immobilier.