Un homme de 37 ans, déjà condamné pour des faits d'agressions sexuelles, a été mis en examen à Lille pour des viols et agressions sexuelles sur 18 très jeunes enfants qu'il gardait comme baby-sitter. Les faits présumés, commis entre 2023 et 2025 dans la métropole lilloise, ont conduit à son placement en détention provisoire.
Un baby-sitter trentenaire, déjà condamné pour des agressions sexuelles, a été mis en examen pour des viols ou agressions sexuelles qu'il est soupçonné d'avoir commis sur une vingtaine d'enfants qu'il gardait, a indiqué mercredi le parquet de Lille. Cet homme de 37 ans est suspecté d'avoir violé ou agressé sexuellement entre mars 2023 et décembre 2025, 18 enfants âgés de 2 mois à 5 ans dans la métropole lilloise, précise le procureur de la République de Lille, Samuel Finielz, dans un communiqué.
Également mis en examen en début de semaine pour détention d'images d'atteintes sexuelles sur un animal domestique, découvertes à l'occasion de la perquisition de son domicile en janvier, il a été placé en détention provisoire. Il est accusé de viols et d'agressions sexuelles sur trois enfants, et d'agressions sexuelles sur quinze autres, dont deux sont "de surcroit concernés par des faits de corruption de mineurs", détaille Samuel Finielz.
L'homme est aussi accusé de viol et agression sexuelle sur un mineur, avec qui il avait été "en contact" à l'été 2014 dans un centre aéré de Poitiers, a-t-il précisé. Le suspect a "pour l'essentiel exercé son droit au silence, tout en niant la commission des faits" selon la même source.
Porosité des plateformes
Entre mars 2023 et décembre 2025, au moins 44 familles de la métropole lilloise avaient eu recours aux services du suspect via une plateforme de mise en relation dédiée à la garde d'enfants, selon le parquet.
En seulement quelques clics, il est possible de se créer un compte pour postuler. Europe 1 a fait le test, aucun document d'identité ou diplôme ne sont à fournir. Aucune question non plus quant au casier judiciaire. Selon le procureur, ces plateformes n'emploient pas directement les baby-sitters. Il n'y donc pas d'obligation légale de vérifier leur profil.
En revanche, les parents peuvent exiger le bulletin numéro 3 du casier judiciaire. Pour Joëlle Sicamois, directrice de la Fondation pour l'enfance, la charge ne doit pas peser sur les parents. "Ce qu'il faudrait, c'est que toutes les plateformes, toutes les organisations qui finalement recrutent du personnel à destination de la garde d'enfants puissent elles-mêmes procéder à des contrôles d'honorabilité, pour qu'on puisse systématiquement vérifier les antécédents", explique-t-elle.
L'attestation d'honorabilité est un document qui recense les condamnations et l'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles. Pour l'instant, elle est seulement exigée pour les professionnels de la petite enfance, mais la garde d'enfants n'est pas concernée.
58 enfants concernés, 18 "susceptibles d'avoir été victimes" du baby-sitter
Fin décembre, la mère d'un enfant de deux ans et dix mois avait porté plainte pour des viols sur son fils qui avait été gardé par cet homme, ce qui avait déclenché l'ouverture d'une enquête.
Sur les 58 enfants concernés, 18 sont "susceptibles d'avoir été victimes" du baby-sitter. Il avait pourtant déjà été condamné à Nice en 2020 à cinq ans d'emprisonnement pour une agression sexuelle imposée à un mineur, avec un suivi socio-judiciaire de cinq ans qui incluait notamment "l'interdiction d'exercer une activité impliquant un contact habituel avec des mineurs". Il était depuis inscrit au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (Fijais).
Des investigations se poursuivent, et visent notamment à identifier des victimes potentielles liées aux services proposés par cet homme "sur un autre site sur lequel l'intéressé aurait pu être plus anciennement référencé", précise le parquet. Le baby-sitter encourt la réclusion criminelle a perpétuité, a ajouté cette même source.