Municipales 2014 : une ex-adjointe au maire de Bobigny dit avoir assisté à des achats de voix

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Selon l'ex-adjointe, "trois personnes" étaient mandatées pour aller remettre l'argent.
Selon l'ex-adjointe, "trois personnes" étaient mandatées pour aller remettre l'argent. © PASCAL GUYOT / AFP
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En conflit avec l'équipe municipale actuelle, l'ex-adjointe affirme avoir vu de ses "propres yeux" de l'argent distribués aux "mecs de la cité".

Une ex-adjointe de l'actuel maire UDI de Bobigny (Seine-Saint-Denis) déclare dans un reportage télévisé mercredi avoir assisté à des achats de voix par l'entourage de ce dernier lors des élections municipales de 2014, des accusations fermement démenties par la ville.

"Je l'ai vu de mes yeux". "Il y avait de l'argent qu'ils donnaient aux mecs de cité pour aller voter", affirme Sabrina Saïdi, qui faisait alors campagne pour l'UDI, dans un reportage de l'émission Pièces à conviction qui doit être diffusé sur France 3 mercredi soir : "Je l'ai vu de mes yeux." En mars 2014, Stéphane De Paoli avait mis fin à près d'un siècle de communisme dans cette ville populaire au nord de Paris, remportant les élections avec 54% des voix face à la maire sortante Catherine Peyge.

Les électeurs sortaient du bureau de vote "avec les bulletins Peyge et Ramos (concurrents de l'UDI aux municipales, NDLR), pour dire 'Voilà j'ai voté De Paoli, donc tu me dois un billet'", affirme Sabrina Saïdi. Selon elle, "trois personnes" étaient mandatées pour aller remettre l'argent. Elle a confirmé avoir tenu ces propos.

Une ex-adjointe en conflit avec l'équipe municipale. Pour la mairie de Bobigny, les accusations de l'ex-adjointe, désormais conseillère municipale d'opposition, relèvent de la "dénonciation calomnieuse". "Il n'y a jamais eu d'achat de voix", martèle la ville, qui se "réserve le droit de déposer plainte" et rappelle qu'"aucun recours n'a été déposé par les listes concurrentes" après les municipales.

Sabrina Saïdi est en conflit avec l'équipe municipale. En 2015, le premier adjoint de Bobigny et un proche collaborateur avaient été condamnés à un stage de citoyenneté pour "violences en réunion" à son encontre: quatre mois après les élections, ils l'avaient convoquée pour un interrogatoire ponctué d'insultes et empreint d'un ton menaçant, l'accusant d'être l'auteure d'un tract affiché dans la ville. Les deux hommes ont fait appel.

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