Menaces contre des manifestants : les policiers mis en cause dans un enregistrement sonore identifiés

BRAV-M
Il s'agit de membres de la 21e compagnie d'intervention en formation BRAV-M (Illustration). © Thomas SAMSON / AFP
  • Copié
avec AFP
Les policiers qui ont menacé des manifestants à Paris dans le cadre d'un rassemblement sauvage contre la réforme des retraites ont été identifiés. Dans un enregistrement audio, on peut entendre ces forces de l'ordre membres de la BRAV-M tenir des propos insultants envers sept jeunes manifestants qu'ils venaient d'interpeller.

Les policiers qui ont menacé et intimidé des jeunes manifestants la semaine dernière à Paris lors d'une manifestation sauvage contre la réforme des retraites ont été formellement identifiés, a-t-on appris lundi de sources proches du dossier. "Il s'agit de membres de la 21e compagnie d'intervention en formation BRAV-M", les unités de policiers à moto chargés du maintien de l'ordre au cœur de polémiques sur la répression violente des manifestations, selon une des sources. "Ils n'ont pas été suspendus jusque-là", a dit une autre source proche du dossier.

 

Pas prévus dans une BRAV-M pour la mobilisation de mardi 

Seront-ils engagés mardi pour la 10e journée nationale de mobilisation contre la réforme des retraites ? "Ils n'étaient pas prévus dans une BRAV-M", a commenté l'une des sources. "Evidemment, il y aura des sanctions", avait déclaré samedi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

 

Vendredi, le préfet de police de Paris a annoncé avoir saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) après la diffusion d'un enregistrement audio, obtenu par le journal Le Monde et le média en ligne Loopsider, dans lequel on entend des policiers, présentés comme des membres de la BRAV-M (Brigade de répression des actions violentes motorisée), tenir des propos insultants et humiliants envers sept jeunes manifestants qu'ils venaient d'interpeller.

"Tu vas monter dans un autre truc qu'on appelle ambulance"

"La prochaine fois qu'on vient, tu monteras pas dans le car pour aller au commissariat, tu vas monter dans un autre truc qu’on appelle ambulance pour aller à l’hôpital", menace notamment l'un des fonctionnaires. Deux bruits, qui peuvent être ceux de gifles, sont également audibles.

Le parquet a, de son côté, ouvert samedi une enquête judiciaire après un signalement reçu dans l'après-midi. Un jeune homme de 23 ans et une jeune femme de 22 ans, membres du groupe d'interpellés, ont déposé lundi des plaintes.

 

La plainte du premier, un étudiant tchadien prénommé Souleyman, vise notamment des faits d'"agression sexuelle commise par personne dépositaire de l’autorité publique en réunion". Il rapporte qu'un policier l'a "attrapé par le sexe" et l'a insulté en lui indiquant "t’as même pas de couilles". Réclamé par plusieurs députés de la France insoumise (LFI), le démantèlement de la BRAV-M n'est "pas à l'ordre du jour", a dit samedi le préfet de police