Information judiciaire sur la mort d'une octogénaire après un tir de lacrymogène

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La victime est morte à l'hôpital de La Conception, pendant son opération.
La victime est morte à l'hôpital de La Conception, pendant son opération. © AFP
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Cette algérienne est décédée en décembre d'un arrêt cardiaque sur la table d'opération, après avoir été touchée la veille par une grenade lacrymogène alors qu'elle fermait ses volets.

Une information judiciaire a été ouverte à Marseille après la mort à l'hôpital de La Conception en décembre 2018 d'une octogénaire, touchée la veille chez elle par un tir de grenade lacrymogène en marge de manifestations, a-t-on appris samedi auprès du parquet. Cette enquête menée par un juge d'instruction a été "ouverte pour recherche des causes de la mort" et est "toujours en cours", a précisé le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux.

Un arrêt cardiaque. Après le décès de cette Algérienne à l'hôpital, le parquet avait saisi l'IGPN, la police des polices, dans le cadre d'une enquête préliminaire. Hospitalisée après avoir été blessée "par des éléments d'une grenade lacrymogène", elle est morte "d'un choc opératoire", avait expliqué le parquet après son autopsie. "Le choc facial (n'est) pas la cause du décès", mais bien "un arrêt cardiaque sur la table d'opération", avait-il précisé.

"On cherche toujours la vérité." Samedi, des proches de la victime, dont sa fille Milfet qui avait fait le voyage depuis Alger, ont déposé des fleurs devant l'immeuble où elle vivait, au coin de la Canebière. "On n'oublie pas et on cherche toujours la vérité jusqu'à ce que justice soit faite", a déclaré Milfet Redouane, 42 ans, très émue, vêtue d'un T-shirt et arborant un pendentif ornés du portrait de la victime. "Il est trop tôt pour savoir quelles sont les responsabilités, une enquête est en cours et il ne faut pas précipiter les choses", a-t-elle ajouté.

Des plots de grenade. L'octogénaire fermait les volets de son appartement au quatrième étage lorsqu'un projectile avait heurté son visage. Des plots de grenade avaient été retrouvés chez elle. "Elle m'a dit qu'elle avait reçu la grenade alors qu'elle fermait sa fenêtre à cause des lacrymogènes", a témoigné lors du rassemblement de samedi sa voisine d'en-dessous, Nadia Takouche, qui lui avait alors apporté assistance. La victime lui aurait dit "un agent de police m'a visée", affirme ce témoin.

"En sang, défigurée". Je l'ai entendue frapper le sol avec ses pieds et crier au secours", a-t-elle poursuivi, précisant s'être alors précipitée chez sa voisine et l'avoir trouvée "en sang, défigurée, dans un appartement rempli de poussière". L'immeuble de cette femme donne sur une rue étroite, au coin de la Canebière. Des incidents violents y avaient éclaté après une journée où s'étaient mêlées plusieurs manifestations, "gilets jaunes", CGT, et militants contre l'habitat insalubre dans la cité phocéenne.