Le brigadier Alexandre Lanckbeen est décédé après avoir été grièvement blessé par balle à l’hôpital militaire de Percy, à Clamart. Touché à la tête par un tir d’un camarade au sein d’un détachement en mission Sentinelle, il appartenait au 35e régiment d’artillerie parachutiste. Trois militaires sont mis en examen.
Un militaire, grièvement blessé à la tête par un tir d'arme à feu d'un de ses camarades à l'hôpital Percy de Clamart (Hauts-de-Seine), est décédé, a annoncé vendredi le gouverneur militaire de Paris, Loïc Mizon.
"Profonde tristesse d'apprendre tôt ce matin le décès du brigadier Alexandre Lanckbeen, à l'hôpital militaire de Percy, des suites de ses blessures", a-t-il annoncé sur X, en exprimant sa "compassion à l'égard de sa famille et de ses proches".
Grièvement blessé à la tête par un tir d'un de ses camarades
Le chef d'état-major de l'armée de Terre Pierre Schill a également présenté ses condoléances sur X à "la famille, proches et frères d'armes" du militaire, qui appartenait au 35e régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes.
Alexandre Lanckbeen avait été hospitalisé après avoir été grièvement blessé dans la nuit de samedi à dimanche par un tir de pistolet d'un de ses camarades, au sein du détachement de soldats affectés à la garde de l'hôpital militaire de Percy.
Trois militaires ont été mis en examen à Paris dans cette affaire, dont l'un pour avoir tiré avec une arme sur un quatrième, avait appris l'AFP mercredi de sources proches du dossier, confirmées par le parquet de Paris.
La victime avait été atteinte le 14 février "d'un projectile de calibre de 9 mm à la tête", selon le ministère public.
Une enquête ouverte
Ces militaires appartiennent au 35e régiment d'artillerie parachutiste de Tarbes, en mission "Sentinelle" en région parisienne, et étaient logés sur le site de l'hôpital militaire de Percy.
Le parquet de Nanterre a d'abord ouvert une enquête avant de se dessaisir au profit de Paris, parquet compétent car les mis en cause sont des militaires.
En garde à vue, les militaires ont expliqué avoir consommé de l'alcool lors d'une soirée le 14 février, "en dépit de la stricte interdiction de consommation d'alcool sur le site de l'hôpital des armées", a relevé le parquet.
Des militaires alcoolisés
"Ils présentaient des taux d'alcoolémie entre 0,17 g/L et 2,5g/L dans le sang" et plus précisément "1,57g/L pour le militaire soupçonné d'être le tireur", a ajouté le parquet.
Les militaires ont alors "'joué' à tester la réactivité de chacun face à une arme tendue". Le militaire mis en examen pour avoir tiré sur son camarade, Benjamin D., était jusqu'ici poursuivi pour "violences avec arme suivie d'infirmité permanente" et pour "violation de consigne par consommation d'alcool".
"Mon client reconnaît être à l'origine du tir ayant blessé un de ses camarades" mais ce tir était "strictement accidentel", avait déclaré à l'AFP son avocat, Me Baptiste Bellet. "Mon client ignorait que l'arme était chargée", avait-il insisté, assurant que son client coopérerait "pleinement" à l'enquête.
Le juge des libertés et de la détention avait décidé de ne pas placer en détention provisoire le tireur. Son statut de militaire ne "permettant pas", par ailleurs, de le placer sous contrôle judiciaire, rappelait le parquet.
Deux autres militaires poursuivis
Deux autres militaires sont poursuivis, eux pour "pour blessures involontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à trois mois" et ce "par violation manifestement délibérée d'une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence".
Ils sont aussi mis en examen pour "modification de l'état des lieux d'un crime ou délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité" et pour "violation de consigne par consommation d'alcool".