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Actuellement à l'antenne

Guadeloupe : deux gendarmes du GIGN grièvement blessés par balles lors d'une opération de police

(Illustration) [Kenzo TRIBOUILLARD / AFP]

Deux gendarmes du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) ont été grièvement blessés par balles lors d'une opération de police samedi soir aux Abymes, en Guadeloupe, a indiqué dimanche le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Quatre suspects ont été interpellés.

Une opération contre des braqueurs qui a mal tourné. Deux membres du GIGN, le groupe d'intervention de la gendarmerie, ont été grièvement blessés par balles lors d'une intervention samedi en Guadeloupe, ont annoncé dimanche les autorités, inquiètes de l'intensification des attaques contre les forces de l'ordre dans l'archipel.

Le pronostic vital des deux gendarmes blessés n'est pas engagé

L'un de ces gendarmes d'élite, tous deux membres de l'antenne de Pointe-à-Pitre, a été touché à un bras et l'autre à une jambe avec le fémur probablement cassé dans la commune des Abymes (centre), théâtre régulier d'actes de délinquance, a précisé à l'AFP une source proche du dossier.

Une enquête pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique a été ouverte, mais le pronostic vital des deux gendarmes blessés n'est pas engagé, a indiqué à l'AFP la procureure de Pointe-à-Pitre, Caroline Calbo. "Nous ne lâcherons rien face à la criminalité organisée et à la violence des gangs", a prévenu dimanche sur le réseau social X le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a d'abord annoncé les deux blessés.

Les faits se sont produits samedi vers 19H40 heure locale aux Abymes, selon la source proche du dossier. Les gendarmes intervenaient "dans le cadre d'une opération de police judiciaire visant à l'interpellation de braqueurs", a ajouté Caroline Calbo.

Lors de l'opération des forces de sécurité, dans une zone peu habitée des Abymes, la voiture des braqueurs a été immobilisée. "Les occupants ont ouvert le feu sur les forces de l'ordre, occasionnant deux blessés, rapidement pris en charge" au CHU local, a raconté dimanche à l'AFP le général Christophe Perret, commandant de la gendarmerie des îles de Guadeloupe.

Après ces tirs, des renforts ont été appelés, et un total de 100 gendarmes ainsi que dix policiers ont au final été déployés aux Abymes. Quatre suspects recherchés par les gendarmes ont été interpellés, selon le ministre de l'Intérieur.

"On ne peut que noter la recrudescence de ces actes"

Des tirs visant les forces de l'ordre, "cela ne se produit pas souvent, mais on ne peut que noter la recrudescence de ces actes", a relevé dimanche le général Christophe Perret, qui avait déjà alerté en mai sur une augmentation de 50% des violences envers les forces de l'ordre depuis le début de l'année en Guadeloupe.

Le procureur général de Basse-Terre (sud de la Guadeloupe), Eric Maurel, a aussi fait état "de sa vive préoccupation face à l'aggravation et la répétition de ces comportements criminels". "Au cours de ces dernières semaines, en Guadeloupe, gendarmes et policiers ont été victimes, dans trois circonstances différentes, de tirs avec des armes à feu. Deux gendarmes viennent d'être gravement blessés", a-t-il expliqué.

"Tous ces faits sont susceptibles de constituer des tentatives de meurtres sur personnes dépositaires de l'autorité publique, crimes punissables de la réclusion criminelle à perpétuité", a-t-il alerté dans un communiqué dimanche. Les autorités locales tiendront d'ailleurs mercredi une conférence de presse sur l'accélération de ces violences envers les forces de l'ordre.

Au moins 32 homicides enregistrés depuis le début de l'année

Mi-septembre, le préfet de Guadeloupe, Thierry Devimeux, et le procureur général Eric Maurel avaient demandé "un sursaut de la société contre l'hyperviolence et la circulation des armes" dans l'archipel, avec au moins 32 homicides enregistrés depuis le début de l'année, dont 28 par arme à feu. Cet appel avait été lancé au lendemain d'un homicide qui avait été filmé et diffusé sur les réseaux sociaux. Il était survenu dans cette même commune des Abymes.

En 2025, le taux d'homicides a atteint 11,5 pour 100.000 habitants en Guadeloupe, un chiffre huit fois supérieur à celui enregistré pour la France entière (1,4), selon le service statistique du ministère de l'Intérieur.

Les autorités s'alarment d'une circulation massive d'armes sur fond de narcotrafic dans les Antilles françaises, devenues un point de transit privilégié entre l'Amérique du Sud, les États-Unis et l'Europe.