George Salinas, chef adjoint de la BRI (Brigade de recherche et d'intervention) était présent lors de la prise d'otages du Bataclan et pendant l'assaut donné contre l'appartement des terroristes à Saint-Denis . Il a accepté de raconter ces deux interventions, jeudi matin à Europe 1.
Des terroristes conseillés ? "On a affaire maintenant à des individus qui sont formatés sur les mêmes méthodes. Ce sont des gens qui sont très déterminés et de plus en plus aguerris. Au fur et à mesure qu'on les rencontre, on n'a pas tout à fait le même profil que des gens qu'on a pu voir lors de l'Hyper Cacher et qui n'étaient pas très organisés". Et de poursuivre : "ce sont des gens qui commencent à être entraînés, avec du matériel très, très lourd. Visiblement, il y a des gens qui ont dû les conseiller".
"Déterminés à faire une tuerie de masse". "Ils ont maintenant des méthodes suicidaires", explique jeudi à Europe 1 George Salinas, le n°2 de la BRI. "Ces ceintures d'explosifs, c'est encore un élément nouveau. Ce sont des gens qui sont déterminés à faire une tuerie de masse".
Un 3e terroriste sous les décombres à Saint-Denis ? Mercredi matin, le Raid est intervenu en premier sur place à Saint-Denis. "Pris dans une fusillade très importante, ils nous ont appelé en renfort", raconte le chef adjoint de la BRI. "On les a aidés à geler la situation et puis on est revenus en fin d'opération pour fouiller des appartements où on pouvait penser qu'il y avait encore des terroristes". L'immeuble, particulièrement insalubre, n'a pas vraiment facilité le travail des forces de police. "Au moment de l'assaut, le troisième étage s'est effondré. Ce qui expliquerait peut-être qu'on ait un troisième terroriste sous les décombres".
Au Bataclan, "on a évacué les otages sous le feu". Après avoir remercié le travail des premiers policiers sur place au Bataclan , qui "ont stoppé le massacre", George Salinas affirme que le premier souci [de la BRI] a été la sauvegarde des otages". "On s'est retrouvés face à un bouclier humain quand on a ouvert la porte, avec une vingtaine d'otages devant nous et un tir nourri des terroristes. On avait ce bouclier (voir ci-contre) qui a plus d'une trentaine d'impacts de balles de kalachnikov. Les hommes de la BRI ont progressé grâce à ce bouclier sous le feu et ont évacué les otages. On a tiré les gens qui étaient au sol par les côtés. On a fait comme on a pu".
Un négociateur de la BRI a parlé avec les terroristes du Bataclan. En arrivant au Bataclan , les terroristes "nous ont demandé de ne pas nous approcher", raconte George Salinas. "Et puis rapidement, ils ont accepté de donner un numéro de portable. Notre négociateur a été en contact avec eux. Il les a eu même quatre fois. Les revendications sont toujours les mêmes, ce sont celles de Daech . Mais on savait qu'ils étaient déterminés".
