Un enfant de 7 ans a été blessé jeudi 26 février par des éclats de balles, après des tirs sur les volets de l'appartement familial dans le quartier sensible de la Villeneuve, à Grenoble. Un cocktail Molotov a également provoqué un départ de feu dans le logement.
Un enfant de sept ans a été grièvement blessé jeudi soir à Grenoble après des tirs et le jet d’un engin incendiaire visant l’appartement familial. Touché à la cuisse, il a été hospitalisé sans que son pronostic vital soit engagé. Les faits se sont produits dans le quartier de la Villeneuve peu après 22h15.
Ce quartier est régulièrement le théâtre de règlements de compte sur fond de trafic de drogue. Dans l'immeuble, où l'attaque a eu lieu, c'est la stupeur.
"Grenoble devient une ville invivable"
"Tout d'un coup, on a entendu un gros bruit. C'était comme une explosion, suivie de trois autres bruits. Donc on s'est dit, mais qu'est-ce qui se passe ? Et mon frère m'a dit, 'mets-toi par terre'. Après, on a regardé par la fenêtre. On a vu qu'il y avait le feu et mes parents nous ont fait évacuer l'appartement", témoigne une voisine sous le choc.
Des tirs, au moins six, ont traversé les volets de l'appartement du rez-de-chaussée et un cocktail Molotov a été jeté sur la terrasse de ce même appartement, où habite une famille soudanaise. L'un des enfants a reçu des éclats de balles et a été hospitalisé.
Anne-Marie dénonce l'atmosphère qui règne dans ce quartier. "Ambiance délétère : il y en a marre. C'est des tirs de mortier, c'est des fusillades, c'est des courses poursuites, c'est des hurlements dans la nuit et franchement, c'en est trop. Grenoble devient une ville invivable", s'indigne cette dernière.
Des tirs et un cocktail molotov, peut-être par erreur
Mais était-ce bien cette famille qui était visée ? Rien n'est moins sûr, estime Yannick Biancheri, du syndicat policier Alliance. "On a eu des cas où les individus qui font ça, qui tirent sur des vitres, qui tirent à travers des murs, à travers des portes, qui jettent des engins incendiaires, se trompent. Ils répondent peut-être à des contrats et donc ils prennent un homonyme, une adresse... Est-ce que c'est vraiment l'appartement qui est visé, est-ce que c'est celui de droite, de gauche, d'en bas ou d'en haut ? Là vraiment, on est qu'au début de l'enquête", souligne-t-il.
À l'appui de cette thèse d'une méprise, les tirs d'armes à feu qui ont visé l'appartement juste à côté, il y a quelques semaines.