Au lendemain d'une attaque qualifiée de "terroriste raciste" par Emmanuel Macron ayant fait un mort et cinq blessés à Trappes dans les Yvelines, le club de MMA de la victime a tenu à lui rendre hommage ce week-end.
Une minute de silence samedi soir, une marche blanche dimanche après-midi : le milieu des arts martiaux mixtes MMA rend hommage ce week-end dans la ville d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) à Pengo Bossio Wangi, un jeune homme de 26 ans tué vendredi à Trappes (Yvelines) par un homme soupçonné d'avoir agi par racisme.
Un jeune homme "très investi dans le MMA"
Rencontré par l'AFP à Aubervilliers, Stéphane Chaufourier, dit le "Atch", est le fondateur du club où s'entraînait le jeune homme, "très très investi dans le MMA".
"Depuis les Yvelines, il se donnait la peine de venir quasiment tous les jours (en soirée au club). Il faisait un trajet d'à peu près 1H20 à l'aller, 1H20 au retour, pour deux heures d'entraînement. Il avait sept combats amateurs (à son actif) et se dirigeait vers une carrière professionnelle: quelqu'un qui s'investit autant dans ce type de sport, c'est très rare", a salué le "Atch", un des pionniers en France du MMA (abréviation anglaise d'arts martiaux mixtes, NDLR).
"Quand on a appris la nouvelle, on était bouleversés, parce que c'est un combattant qui venait toujours avec le sourire, qui échangeait beaucoup avec ses collègues", a-t-il ajouté.
"C'est triste d'en arriver là"
Un hommage est prévu samedi soir à Aubervilliers au tournoi 100% Fight : "on va faire une minute de silence durant cet événement, qui réunit beaucoup d'amateurs de la Atch academy justement", a-t-il précisé. "Et dimanche on fera une marche blanche en hommage, à 14H00 à partir de la mairie d'Aubervilliers", a-t-il aussi annoncé, précisant qu'il s'agissait d'une initiative du club mais qu'il n'avait pas de contact avec la famille.
A la sortie de la Atch Academy, à Aubervilliers, un employé du club se présente comme un jeune "Français d'origine congolaise comme Pengo", sans vouloir être identifié. Pour lui, Pengo était "un homme bien, gentil, très respectueux (...) Un bon combattant, avec des objectifs, des rêves".
"A Trappes, il s'est trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment: ça aurait pu être moi", ajoute ce jeune homme âgé de 24 ans. "C'est triste d'en arriver là : se faire tuer parce qu'on a une certaine couleur de peau qu'on n'a pas choisie, se faire tuer parce qu'on est noir".
Le parquet national antiterroriste (Pnat) s'est saisi des faits, qualifiés d'"attentat terroriste raciste" par le président Emmanuel Macron. L'attaque, qui s'est également produite sur le territoire de la ville voisine de La Verrière, a également fait cinq blessés, dont une enfant de 12 ans. La garde à vue du suspect, Kevin T., a été prolongée samedi après une première audition, tandis que quatre personnes de son entourage sont également entendues par les enquêteurs, a indiqué le parquet antiterroriste.