Après le meurtre d'une adolescente de 14 ans dans l'Aisne mercredi, le suspect de 23 ans, interpellé dans la journée, a reconnu les faits ce jeudi. Son profil semblait être connu des camarades de la jeune fille poignardée.
L'émotion est toujours très vive dans l'Aisne. Chloé, 14 ans, a été tuée de plusieurs coups de couteau mercredi sur le chemin du collège de Fère-en-Tardenois. Le principal suspect, qui est son ex-petit ami, a reconnu les faits ce jeudi 7 mai 2026 dans la matinée. Âgé de 23 ans, il vivait chez ses parents et n'avait pas d'emploi. Le suspect semblait bien connu des collégiens de la commune.
Devant le collège de Chloé, Europe 1 a pu interroger plusieurs de ses camarades qui ont décrit un suspect au profil inquiétant. Selon eux, cet homme de 23 ans placé mercredi en garde à vue aurait déjà à plusieurs reprises menacé des jeunes filles mineures de la commune sur les réseaux sociaux.
L'homme était connu des services de police
Un harcèlement violent répété qu'aurait aussi subi Chloé. "Il l'a fait à des amies, à ma copine, à ma belle-sœur. Il disait toujours les mêmes phrases : 'Je vais te violer, je vais te massacrer, je vais te mettre dans mon coffre'. Chloé a déjà eu ces messages-là", a assuré Thomas, 14 ans, ami d'enfance de l'adolescente. Et d'ajouter : "On dirait qu'elle aimait avoir ces phrases-là dans ses messages. Et c'est comme ça qu'ils se sont mis en couple. J'espère qu'il ira en prison."
Des menaces crues et une emprise confirmées par deux collégiennes venues déposer une rose en hommage à leur amie. "Au final, on ne la voyait plus. On savait comme il était, il avait 23 ans, il était plus âgé qu'elle. Il l'attendait tout les matins, au même endroit. C'était justement où s'est passé le drame", assurent-elles.
Dans un communiqué, la procureure de Soissons souligne que l'individu de 23 ans était connu des services de police et de justice pour un fait de port d'arme sans motif légitime en 2023. Il a affirmé avoir eu une relation amoureuse avec l'adolescente qui s'est terminée récemment.
L'homme a reconnu avoir été présent au moment des faits, et avoir fait usage d'un couteau à l'encontre de la jeune fille, mais a nié l'intention de tuer Chloé, selon la procureure. "Les investigations se poursuivent dans le cadre de la garde à vue qui fera l’objet d’une prolongation", est-il ajouté.
Les voisins de l'adolescente submergés
Devant le collège, plusieurs gendarmes sont présents depuis ce jeudi sous le regard de parents parfois inquiets. "C'est un choc, il y a une émotion, surtout pour les parents. Tu envoies ton enfant au collège, tu penses qu'elle va étudier et quand tu ne la revois pas au soir, c'est un drame", a raconté cette mère de famille venue déposer sa fille à l'école.
Une mère de famille, elle, dit que sa fille a été victime du suspect. "Il draguait ma fille alors qu'il était donc déjà avec la petite Chloé. Donc ma fille, elle a prévenu Chloé en lui disant : 'écoute il me drague, il m'envoie des messages.' Et c'est là que ça lui a pas plu", indique-t-elle.
Une émotion aussi très vive à quelques centaines de mètres de là, dans le quartier où résidait Chloé. Beaucoup de voisins ont d'ailleurs refusé de s'exprimer au micro d'Europe 1 ce jeudi matin, submergés par l'émotion.