Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Retour des ZFE : «On est chez les dingues», déplore l’écrivain Alexandre Jardin

[Europe 1]

Invité d’Europe 1 matin, ce jeudi 2 avril, Alexandre Jardin s’est insurgé contre un possible retour des ZFE, qu’il qualifie de "ségrégation sociale" et appelle à une mobilisation citoyenne face à ce qu’il juge être une atteinte aux libertés publiques. 

Invité ce jeudi de l’émission Europe 1 matin, Alexandre Jardin a vivement dénoncé un possible retour des zones à faibles émissions (ZFE), qu’il qualifie sans détour "d’infamie" et de "ségrégation sociale". "On est chez les dingues", a-t-il déclaré, fustigeant un dispositif qui, selon lui, exclut une partie des Français des centres-villes, faute de moyens pour acquérir des véhicules conformes.

"La ville, ce n’est plus pour tout le monde", a-t-il poursuivi, évoquant une "République à trois vitesses" où les plus modestes seraient progressivement écartés. Un potentiel compromis politique visant à maintenir les ZFE dans certaines grandes métropoles comme Paris et Lyon a agacé l’écrivain qui pointe ses conséquences concrètes. 

"Si vous bloquez ces zones, les gens devront faire des détours, consommer plus de carburant, mais à quel prix ?", a questionné Alexandre Jardin. Derrière cette mesure, il a dénoncé également une stratégie politique. Il accuse le gouvernement de "diluer la responsabilité" en renvoyant aux collectivités locales la mise en œuvre du dispositif. 

"La démocratie, c’est un rapport de force"

"Tout à coup, la ségrégation devient une liberté municipale", ironise-t-il. L’écrivain va plus loin, estimant que l’exécutif serait prêt à "sacrifier des libertés publiques pour gagner quelques mois de pouvoir", évoquant un accord "à la petite semaine" avec une partie de la gauche. 

Face à cette situation, il appelle à la mobilisation. Son mouvement, qu’il présente comme une réponse citoyenne, entend peser dans le débat public. "La démocratie, c’est un rapport de force", insiste-t-il, affirmant que "8 Français sur 10" seraient opposés aux ZFE

Alors que certains observateurs estiment que le Conseil constitutionnel pourrait censurer le dispositif, notamment pour des raisons juridiques, Alexandre Jardin rejette toute forme d’attentisme. "On ne peut pas déléguer notre destin à une chambre des lords", a-t-il lancé.

En cas de maintien du dispositif, il évoque même le lancement de "référendums populaires", organisés en dehors des circuits institutionnels. Une initiative qu’il présente comme un moyen de redonner la parole aux citoyens. "La démocratie, ça a toujours été un combat", a-t-il conclu, appelant les Français à "rester un peuple debout".