Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Évacuation du Cap-Ferret : un plan inédit pour protéger la population des incendies, planifié depuis 2023

Évacuation du Cap-Ferret : un plan d'évacuation inédit, planifié depuis 2023
[ROMAIN PERROCHEAU / AFP]

La préfecture de Gironde a activé vendredi un plan d'évacuation, par la route et par la mer, d'une ampleur inédite pour protéger habitants et vacanciers du Cap-Ferret de l'avancée des flammes qui ont déjà parcouru plus de 10.000 hectares.

"On a procédé de manière ordonnée", a déclaré la préfète de Gironde, Sophie Brocas, dans la matinée à la presse. "On a envoyé des messages FR-Alert qui sonnent sur tous les portables qui bornent dans un espace pour leur dire +évacuation immédiate+", a-t-elle poursuivi, précisant qu'ils ont été envoyés "par secteur, par village, pour que les routes ne soient pas totalement encombrées". "Nous leur avons demandé de prendre la route qui mène à Bordeaux, la route départementale 106", seul couloir permettant de sortir de la presqu'île de Lège-Cap-Ferret, "sécurisée par les gendarmes", d’après elle.

Évacuation par la route et la mer 

Pour les résidents ne possédant pas de moyen de transport, des navettes maritimes ont été mises en place avec la préfecture maritime et l'Union des bateliers arcachonnais (UBA), a-t-elle précisé. 

Selon la mairie d'Arcachon, plus de 800 personnes sont déjà arrivées par bateau depuis la presqu'île, plusieurs centaines de personnes débarquant sur la jetée avec leurs bagages. "Tout a été géré de façon fluide, une simulation d'évacuation avait été préparée en 2025, après les feux de 2022, les valises étaient prêtes, les gens étaient calmes", note David Lafforgue, commerçant du Cap-Ferret et élu de la commune interrogé au téléphone par l'AFP.

Un plan prévu depuis plusieurs années 

Un plan d'évacuation, approuvé par arrêté interpréfectoral le 18 juillet 2023, avait été préparé par les autorités locales après les incendies exceptionnels survenus en Gironde en juillet 2022 qui avaient "mis en lumière la fragilité du territoire", précise le préambule du document. 

Selon le plan, priorité est donnée à l'évacuation par voie terrestre, notamment pour les populations vulnérables : "En cas de possibilité d'évacuation par voie terrestre, la D 106 serait aménagée en un sens unique sur les deux voies afin de fluidifier la sortie de la presqu'île", est-il écrit.

Mais "en cas d'obstruction de la D 106", "le plan d'évacuation des personnes par voie maritime serait activé" pour éviter que la pointe ne devienne "un piège". En saison estivale, la presqu'île "connaît une forte affluence touristique saisonnière", avec une population pouvant grimper jusqu'à "150.000 personnes", selon le document. 

Un ultime protocole d’évacuation en dernier recours

Dans ce cas précis, le protocole d'évacuation "par le littoral donnant sur le bassin d'Arcachon", pourrait être activé et permettrait d'évacuer "12.000 personnes dans les 24 heures qui suivent le déclenchement", en priorité les plus fragiles, puis d'environ "14.000 personnes” toujours par tranche de 24 heures. 

Pour ce faire, le plan prévoit la réquisition d'au moins 27 "navires à passagers" auprès de l'UBA, "seuls à même de permettre une évacuation de grande ampleur coordonnée et en sécurité". 

Trente-trois bus pourraient également être réquisitionnés pour transporter les personnes évacuées depuis les "quatre sites de débarquement" identifiés sur la commune d'Arcachon vers les centres d'accueil.