Emmanuel Macron va se rendre jeudi matin à Fontainebleau "afin d'apporter son soutien à l'ensemble des femmes et des hommes mobilisé pour lutter contre les incendies" qui ont ravagé une partie de l'emblématique forêt près de Paris, a annoncé mercredi l'Elysée.
"Le chef de l'État rencontrera les élus ainsi que l'ensemble des acteurs engagés sur le terrain. Il les remerciera pour leur mobilisation sans faille ces derniers jours et réaffirmera le plein engagement de l'État pour faire face à la saison exceptionnellement intense de feux de forêt que nous connaissons actuellement sur le territoire national", a ajouté la présidence dans un communiqué.
Le parquet de Fontainebleau a indiqué mercredi requérir le placement en détention provisoire de deux personnes, dont un pompier volontaire, suspectées d'être à l'origine des départs de feux lundi qui ont ravagé environ 2.000 hectares.
Les mis en cause, âgés de 18 ans "tous les deux et sans lien entre eux, étudiant pour l'un, sapeur-pompier volontaire pour le second", ont "reconnu leur implication volontaire au cours de leur garde à vue" et "seront présentés dans la journée à un juge d'instruction du tribunal de Fontainebleau".
Le sapeur-pompier volontaire a été "suspendu", a indiqué dans un communiqué le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne, qui a exprimé "sa plus vive consternation".
Selon le commandant Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Sdis, "les pompiers sont pudiques" sur ce sujet : "il y a un sentiment de rejet et un peu de honte que ce soit l'un d'entre nous", qui était dans les rangs "depuis moins d'un an", a-t-il déclaré à l'AFP.
Un homme de 46 ans suspecté d'avoir voulu provoquer un incendie a été interpellé mardi soir sur un parking de Fontainebleau et placé en garde à vue, a-t-on appris mercredi de source policière.
L'homme est soupçonné d'avoir forcé le ruban pour se stationner sur ce parking interdit au public et de nombreux papiers journaux froissés et un briquet ont été retrouvés dans son véhicule, a-t-on précisé de même source.
La France connait une situation de sécheresse "exceptionnelle" et "très préoccupante", avec un nombre record de départements concernés par des restrictions d'eau de manière particulièrement précoce et une vigilance accrue sur les sols et les cours d'eau, a déclaré mercredi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
Actuellement, 99 départements connaissent pour tout ou partie des restrictions d'eau, "soit la totalité du territoire métropolitain", dont 43 sont au niveau de crise, où l'eau est réservée aux usages prioritaires.
"Nous vivons une situation de sécheresse qui est exceptionnelle par sa précocité", avec "près d'un mois d'avance par rapport à ce que nous connaissions jusqu'à présent", tout "comme par son intensité", a déclaré Monique Barbut.
"Ce qui rend la situation très préoccupante, c'est qu'elle survient alors que les précipitations du printemps étaient globalement dans les normales", a souligné Mme Barbut, rappelant que le changement climatique entraine "un dérèglement profond du cycle de l'eau".
"Les sols sont les premiers touchés. (...), avec des niveaux d'humidité particulièrement bas" et "proches des records", a-t-elle expliqué. Une mauvaise nouvelle alors que les feux de forêt sont nombreux dans le pays ces dernières semaines.
Deux des six gardes à vue dans le cadre de l'enquête sur les incendies qui ont ravagé la forêt de Fontainebleau ont été levées mardi après-midi, a indiqué la procureure de Fontainebleau. "J'ai levé deux gardes à vue depuis cet après-midi pour deux personnes pour lesquelles je n'avais pas assez d'éléments à ce stade", a déclaré la procureure Diane Ngomsik lors d'un point presse.
En revanche, deux interpellés lundi et dont la garde à vue a été prolongée mardi, ont reconnu les faits. L'un deux est un pompier volontaire à Fontainebleau.
Après 48 heures de lutte, les quelque 800 pompiers mobilisés sont parvenus à fixer les deux incendies qui ont parcouru un peu plus de 2.000 hectares de la forêt de Fontainebleau. "Fixés, ça veut dire qu'ils sont bloqués dans leur périmètre" mais pas "éteints", a déclaré lors d'un point presse le préfet de Seine-et-Marne Pierre Ory, soulignant que les pompiers vont devoir encore être à pied d'oeuvre pendant des jours, voire des semaines.