La sécheresse s'étend en France avec 98 départements concernés par une mise sous surveillance pouvant faire l'objet de restrictions à l'usage de l'eau, indique lundi le site gouvernemental VigiEau, soit un record depuis au moins 2013, en pleine troisième épisode de fortes chaleurs en moins de deux mois.
Dans le détail, 42 départements sont en situation de "crise", 27 départements en "alerte renforcée", 16 départements en "alerte". Ils peuvent tous faire l'objet de restrictions par arrêtés préfectoraux. Treize autres sont en vigilance, dont Paris, et ne sont pas concernés à ce stade par des restrictions.
En outre-mer, la Guadeloupe et la Martinique sont en "alerte", tandis que la Réunion est en "alerte renforcée".
Edouard Philippe, candidat à l'élection présidentielle 2027, a appelé lundi à mettre au point un Canadair "souverain", type d'avion utilisé pour lutter contre les importants feux de forêt qui touchent actuellement la France.
"Cette crise pose la question de nos moyens de lutte contre ces incendies. Nous dépendons encore de Canadair en fin de vie, difficiles à maintenir et à remplacer", a écrit sur X l'ancien Premier ministre, l'un des candidats les mieux placés pour l'élection présidentielle des 18 avril et 2 mai.
"La file d'attente mondiale pour ces avions s'allonge, mais la sécurité de la France ne saurait dépendre des commandes des autres", a-t-il dit. "Le prochain Canadair sera souverain, je m'y engage", a ajouté Edouard Philippe.
Le candidat du parti Horizons (droite) a affirmé que des solutions françaises seraient "opérationnelles" dès l'année prochaine, citant des entreprises comme Toulouse Positive Aviation, Hynaero ou Kepplair Evolution. "Ce sont elles que je soutiendrai pour renouveler la flotte française et nous protéger face à la nouvelle donne climatique", a-t-il assuré.
Sur X, le président Emmanuel Macron, qui doit prononcer son discours aux armées, a apporté son soutien aux habitants de Seine-et-Marne, en parallèle du feu en forêt de Fontainebleau, et aux forces mobilisées.
"Aux habitants de Seine-et-Marne, je veux dire notre solidarité. Aux sapeurs-pompiers et forces de secours engagés sans relâche, notre profonde gratitude", a-t-il déclaré, soulignant que tous les moyens étaient "mobilisés" face à un incendie "d'une ampleur exceptionnelle".
La forêt de Fontainebleau est frappée par un incendie d’une ampleur exceptionnelle.
Aux habitants de Seine-et-Marne, je veux dire notre solidarité. Aux sapeurs-pompiers et forces de secours engagés sans relâche, notre profonde gratitude. Tous les moyens sont mobilisés.— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) July 13, 2026
Quelque 32.000 hectares ont été "parcourus" par le feu depuis le début de l'année en France, soit plus que durant "toute la saison 2025" des incendies, a indiqué lundi le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.
"Au moment où on se parle, on a eu 32.000 hectares qui ont été parcourus, puis brûlés par le feu", a-t-il indiqué à la presse lors d'un déplacement à Noisy-sur-Ecole (Seine-et-Marne), à proximité de l'incendie qui touche la forêt de Fontainebleau. "C'est d'ores et déjà plus que toute la saison 2025, alors que nous sommes le 13 juillet", a ajouté le ministre.
Un incendie, qui a déjà parcouru 23 hectares, est en cours lundi au Cap Fréhel (Côtes-d'Armor), tandis que les principaux foyers d'un autre incendie ayant ravagé 300 hectares de végétation dans le Maine-et-Loire sont désormais éteints, selon les autorités.
Un feu de forêt déclenché dimanche a parcouru 193 hectares dans le Lot-et-Garonne, où il a nécessité l'évacuation de plus de 200 habitants et blessé légèrement un sapeur-pompier, a-t-on appris lundi auprès de la préfecture de ce département du Sud-Ouest.
Cet incendie à Houeillès, à une cinquantaine de km à l'ouest d'Agen, a été provoqué par un orage dimanche en début d'après-midi. "Attaqué" dans un premier temps à l'aide de moyens aériens, il était toujours combattu lundi matin au sol par 200 pompiers venus de Nouvelle-Aquitaine, dont un a été légèrement blessé.
Dans ce département, placé en vigilance rouge canicule depuis dimanche et jusqu'à mardi, "les conditions météorologiques restent défavorables", précise la préfecture dans son bilan.
L'incendie qui a parcouru 800 hectares en forêt de Fontainebleau, au sud-est de Paris, "pourrait" avoir "une origine volontaire", a affirmé lundi sur place le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.
"Il y a eu une dizaine de points de départ de feu dans un périmètre de 1.000 mètres, ce qui laisse supposer que cela pourrait être une origine volontaire", a-t-il indiqué à la presse lors d'un déplacement à Noisy-sur-Ecole (Seine-et-Marne), près des lieux de l'incendie. "On a bon espoir de pouvoir fixer le feu dans la journée", a ajouté le ministre. Mais "le traitement du feu prendra plusieurs jours voire plusieurs semaines".
Deux avions bombardiers d'eau Canadair ont été déployés lundi matin pour lutter contre les feux qui touchent le sud de la Seine-et-Marne, notamment la forêt de Fontainebleau, massif boisé en proie depuis dimanche à un incendie d'une "ampleur exceptionnelle" selon les autorités.
Actuellement les 2 canadair sont en action, et plus de 500 pompiers sont attendus dans la journée avec l'ensemble des renforts, ont indiqué les pompiers à la presse.
La circulation ferroviaire a repris à une "vitesse normale" sur la ligne à grande vitesse qui relie Paris à Lyon a indiqué lundi SNCF Réseau à l'AFP, alors qu'un incendie à proximité de la ligne avait endommagé des câbles et bloqué la circulation des trains.
"Les travaux de réparation des câbles brûlés par l'incendie qui a touché la LGV sud-est hier après-midi près de Fontainebleau sont terminés", a indiqué un porte-parole de SNCF Réseau à l'AFP, ajoutant que "les trains reliant Paris et Lyon" allaient de nouveau "rouler sur la ligne à grande vitesse sur l'ensemble de leur parcours sans passer par l'itinéraire de contournement".
De son côté, SNCF Voyageurs affirme que "les temps de trajet seront normaux", bien que "quelques retards" soient observés "au départ ce matin" le temps d'un "retour progressif à la normale d'ici la fin de matinée".
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez se rendra lundi matin en forêt de Fontainebleau, en proie à un incendie majeur, a indiqué dans la nuit son entourage.
Laurent Nuñez se rendra au PC de commandement pour faire un point de la situation, et rencontrera les élus du secteur, a-t-on ajouté de même source.
Quelque 800 hectares avaient été parcourus par les flammes peu après minuit lundi dans l'incendie d'une "ampleur exceptionnelle" qui ravage l'ouest de la forêt de Fontainebleau, en région parisienne, ont indiqué les pompiers de Seine-et-Marne.
Le feu n'est pas fixé mais les quelque 400 pompiers en lutte contre l'incendie comptent sur une baisse des températures durant la nuit, a ajouté le commandant Paul-Edouard Laurain, porte-parole du service départemental d'incendie et de secours (SDIS). En revanche, les hélicoptères bombardiers d'eau et les avions venus du sud pour épandre du produit retardant ont dû interrompre leurs rotations avec la tombée du jour
"L'objectif est de sauver des vies et les biens", a de son côté déclaré le lieutenant-colonel Eric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France.
Ce sont des scènes estivales courantes pour qui vit dans l'arc méditerranéen mais Valérie, habitante du Vaudoué, ne s'attendait pas à ce que le feu la chasse de chez elle, en forêt de Fontainebleau, à 60 kilomètres de Paris.
Médusés, les habitants de cette petite commune forestière de Seine-et-Marne bravent les appels à rester confinés et regardent passer les véhicules de secours, dont les gyrophares bleus trouent la nuit embrumée par les fumées de l'incendie qui avait parcouru 800 hectares peu après minuit.
Valérie et son mari Daniel ont déjà vécu des feux impressionnants, au Portugal et à Marseille. Mais en forêt de Fontainebleau, cela faisait douze ans que le feu n'avait plus fait irruption dans leur vie. Et l'ampleur n'avait rien à voir.
"On voyait les cendres retomber. La mairie et les pompiers sont arrivés pour nous dire d'évacuer", raconte la quinquagénaire, assise sur le monument aux morts de la guerre de cette commune de 750 âmes.
"On a pris les chats et les chiens dans la voiture (...) on voyait le feu d'un côté et de l'autre", raconte-t-elle.