Restitution d’œuvres d’art à l’Afrique : un rapport controversé remis à Emmanuel Macron

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Un rapport est remis ce matin à Emmanuel Macron sur la restitution d’œuvres d’art à l’Afrique. Il est très controversé.

Et pour cause ! Il propose de rendre ces œuvres, définitivement, en masse et en vitesse. Et il faut le faire avec joie, insistent les auteurs, une enseignante française et un écrivain sénégalais, tous deux très progressistes et pas du tout africanistes.
Leur rapport fait hurler les professionnels. Surtout les conservateurs qui sont conservateurs, évidemment. Ce n’est pas parce qu’un Président l’a promis dans la chaleur d’un premier voyage sur le continent, il y a juste un an, qu’on peut vider le Louvre, le musée des Arts premiers ou les collections de Marseille, Lyon, la Rochelle, etc.
Parce que justement, ce qui est dans les musées, c’est ce que personne n’a et n’aura jamais le droit de donner ou de vendre. C’est la loi.
"Y a qu’à la changer" disent les auteurs. Ils se moquent aussi des traités internationaux. Ils n’entrent pas non plus dans l’histoire coloniale et ne font pas de différence entre les butins de guerre, les pillages, les dons, les commandes d’État, les dations de collectionneurs, etc. Non, ils ont recensé 90.000 objets d’art africains en France, d’avant 1970 et faut tout vider. On solde l’héritage colonial. Fissa ! Table rase. Au nom d’une nouvelle éthique relationnelle.

Cela veut dire quoi ?

Cela veut dire la repentance en action. C’est le sanglot de l’homme blanc. Il se sent coupable.
Le mot même de restitution implique un bien mal acquis. Qu’il faut rendre à son légitime propriétaire. On parle de « restitutions » à propos des œuvres spoliées par les nazis. Entre les lignes du rapport, l’aventure coloniale est un crime contre l’humanité.
Ce sont précisément les mots qu’avait employés Emmanuel Macron. Ce jour-là, il a ouvert une boite de Pandore.
Idem avec son idée à priori généreuse que les Africains profitent des trésors de l’Afrique.
Ce matin, il est débordé par un rapport. Demain, il subira toutes les surenchères de pays africains qui ne réclamaient rien.
Décidément, avec Pétain, les années 30, l’Algérie, ou l’Afrique, l’histoire réclame de la prudence.
C’est comme en Amour. Un peu de prudence est recommandé, avant les rapports.