Donald Trump reste fidèle aux Saoudiens malgré l’affaire Khashoggi

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Donald Trump reste fidèle aux Saoudiens malgré l’affaire Khashoggi

C’est une tradition depuis Abraham Lincoln, devant les caméras depuis Kennedy : pour Thanksgiving, le président américain sauve deux dindes du couteau du boucher. Hier, Donald Trump a épargné les deux volatiles et il a aussi gracié Mohamed Ben Salmane.
Au folklore américain, le président a ajouté la danse du ventre : "Il se pourrait très bien que le prince ait été au courant pour Jamal Khashoggi, peut-être, peut-être pas" a-t-il dit.
On connaît les conclusions de la CIA qui les a présentées vendredi à la Commission du renseignement du Congrès. Elles confirment que l’opposant saoudien a été éliminé sur ordre du prince héritier.
Contraint d’en tirer les conséquences, Donald Trump a gagné du temps. Samedi, il a reçu la directrice de l’agence.
Dimanche, il a annoncé qu’il attendait un rapport complet dans les 48 heures.
Mardi, avant de filer pour les fêtes en Floride, il a conclu, faussement désolé : "Peut-être que nous ne connaitrons jamais tous les faits entourant ce meurtre".
En matière de déni, le Donald est champion. Prêt à traiter le renseignement de sa propre agence de renseignement comme une rumeur. La CIA kifkif le téléphone arabe.
Peut-être ben que oui, peut-être ben que non.

Pourtant, on n’a jamais vu un crime d’État aussi documenté.

Les Turcs ont fourni les enregistrements sonores du meurtre. La photo et les noms des assassins. Ryad a embastillé les sous-fifres, 18 têtes prêtes à sauter. Comme les Américains écoutent aux portes, ils ont aussi enregistré un coup de fil de Jamal Khashoggi et de l’ambassadeur saoudien à Washington. C’est le frère de MBS. Il rassure le journaliste en disgrâce, l’encourage à se rendre au consulat d’Istanbul. Son Excellence n’a qu’une morale, la raison d’Etat. Et l’Etat, c’est son frère. C’est accablant, c’était écrit. Inch Allah.
Qu’est-ce qu’il faut retenir de tout cela ? Que Donald Trump excelle à jouer les imbéciles. Que l’alliance avec l’Arabie est stratégique. Que le roi Salmane ne lâchera jamais son fils préféré et que l’Américain s’y résigne, prêt à en tirer profit.
Allemands et Français sont convaincus au contraire que les jours du Prince sont comptés.